Servette ne s’est toujours pas trouvé
En début de saison, Marc Roger parlait de titre national. Désormais, Servette s’efforce de ne pas terminer au dernier rang.
Ensemble d’individualités coûteuses, mais peu complémentaires, l’équipe genevoise n’a pas encore trouvé ses marques après 16 journées de championnat.
Encore deux journées et la moitié du championnat suisse de Super League (ex-LNA) sera bouclé. Pour Servette, la principale question consiste à savoir s’il pourra éviter la dégradante place de lanterne rouge
Grâce à sa victoire dimanche dernier face à Young Boys, l’équipe entraînée par Adrian Ursea s’est hissée au 8e rang. Mais elle ne possède qu’un point d’avance sur les deux derniers, Saint-Gall et Schaffhouse, qui seront sur sa route avant la pause!
Sportivement parlant, Servette est très loin du compte. «A part Bâle, je vois mal quelle équipe pourrait nous résister», fanfaronnait Marc Roger l’été dernier.
Européens en fin de saison
Après un début de saison catastrophique et une place en queue de placement, le patron servettien adoptait à peine un profil plus bas. «Nous serons européens en fin de saison. Dès que l’équipe aura trouvé sa cohésion, elle prouvera ce dont elle est capable.» Et, dernier morceau choisi la semaine dernière. «Au printemps 2005, 54 points seront en jeu. Vous verrez, tout sera encore possible.»
D’ici la reprise à la fin février, il y a fort à parier que beaucoup d’eau aura coulé sous les ponts. A l’heure actuelle, Servette est d’abord un ensemble d’individualités qui n’a presque jamais évolué en véritable équipe. Le talent de Christian Karembeu ne suffit pas. Le champion du monde français est d’ailleurs contraint d’évoluer à contre-emploi, dans l’axe de la défense. Pour colmater les brèches.
Du mal à se comprendre
Plusieurs transferts coûteux (dont celui du Roumain Viorel Moldovan) n’ont servi à rien du tout. Entre eux, les joueurs ont du mal à se comprendre. Il est vrai qu’entre les quelques Suisses et leurs camarades qui ne parlent que le portugais ou l’espagnol, la communication n’est pas évidente. Même l’apport d’un coach mental, le Parisien Daniel Cohen, n’a servi à rien.
Signe d’un malaise évident: deux footballeurs, Toni et Furo, ont été écartés de l’équipe pour des raisons disciplinaires que personne n’a voulu expliquer. Et Jacky Barlie, figure emblématique de Servette a décidé de jeter l’éponge. L’ancien gardien de Servette avait pourtant passé les 16 dernières années à s’occuper de l’intendance de l’équipe. Mais Barlie se dit usé mentalement. Un homme de plus.
swissinfo, Jonathan Hirsch
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