Suisse – Russie : la coopération judiciaire continue
Rien n'arrêtera les justices suisse et russe dans leurs recherches sur les affaires de corruption et de blanchiment d'argent. C'est le credo prononcé à Saint-Petersbourg par le procureur par intérim de la Confédération ainsi que son homologue russe.
Rien n’arrêtera les justices suisse et russe dans leurs recherches sur les affaires de corruption et de blanchiment d’argent. C’est le credo prononcé ce mercredi à Saint-Petersbourg par le procureur par intérim de la Confédération ainsi que son homologue russe, après trois jours d’entretiens.
Dans le même temps, à Moscou, les Sénateurs ont refusé pour la troisième fois d’entériner la démission du procureur général Iouri Skouratov (photo). Une démission demandée par le président russe en personne au début de l’année.
Afin de convaincre les membres du Conseil de la Fédération de ne pas suivre les consignes de vote du Kremlin, le premier magistrat de Russie s’est lancé dans un vibrant plaidoyer, expliquant les vraies raisons de son limogeage. Liées selon lui à l’affaire Mabetex, et aux informations diffusées dans la presse sur les comptes bancaires de hauts fonctionnaires russes et aux moyens dépensés pour la reconstruction du Kremlin. Un limogeage qui sert l’intérêt personnel du président et de sa famille, à même lancé Iouri Skouratov du haut de la tribune.
Le vote des sénateurs constitue donc une nouvelle gifle pour le pouvoir qui doit en outre faire face à une avalanche grandissante de scandales financiers, les récents développements de l’affaire de blanchiment d’argent à travers la Bank of New-York l’ont montré.
Une situation d’autant plus embarrassante pour le Kremlin que la justice semble suivre son chemin. Coté suisse, la collaboration avec le parquet russe a en effet franchi une nouvelle étape avec la visite à Saint-Petersbourg de Félix Bänziger. Le procureur de la Confédération par intérim et son homologue russe se sont ainsi déclarés déterminés à mener les enquêtes de corruption et de blanchiment à leurs termes, au grand dam du Kremlin comme on peut l’imaginer.
Mathieu Jego
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