Une lettre signée Christoph Blocher sème la confusion au sein de l’UDC
La lettre en question donne l’impression que Christoph Blocher approuve les thèses révisionnistes. L’UDC suisse le soutient, tout en reconnaissant que cette lettre peut prêter à confusion. Mais le conseiller fédéral Adolf Ogi exprime son incompréhension.
La lettre en question donne l’impression que Christoph Blocher approuve les thèses révisionnistes. L’UDC suisse soutient le député nationaliste zurichois, tout en reconnaissant que cette lettre peut prêter à confusion. Mais l’UDC bernoise exige des explications. Et le conseiller fédéral Adolf Ogi exprime son incompréhension.
La lettre incriminée a en fait été rédigée il y a deux ans mais c’est dimanche que le «Sonntags-Blick», l’a publiée pour la première fois. Elle figurait apparemment dans des documents saisis par la police au domicile d’un militant d’extrême droite connu pour ses ouvrages antisémites. L’un de ces ouvrages avait été envoyé à Christoph Blocher par un admirateur de l’auteur et c’est pour remercier cette personne que Christoph Blocher a écrit la lettre incriminée. Une lettre très courte dans laquelle, après des formules de politesse, Blocher déclare qu’il a particulièrement apprécié le livre qui lui a été envoyé, intitulé «Du déclin de la liberté en Suisse», et au sujet duquel Blocher déclare textuellement «Comme l’auteur a raison!».
Phrase anodine apparemment, mais pas lorsqu’on sait que l’ouvrage en question est un véritable pamphlet anti-sémite et qu’il a contribué à faire condamner son auteur à 15 mois de prison ferme pour violation de la loi helvétique contre le racisme, peine qui est la plus grave jamais prononcée par un tribunal du pays en rapport avec cette loi. Petit échantillon du contenu du livre : le massacre des juifs est un mythe et les militants d’une adhésion de la Suisse à l’Union européenne les complices d’une sorte de complot dirigé contre la Suisse et servant les intérêts juifs.
Pour sa défense, Christoph Blocher affirme avec force qu’il n’a jamais lu l’ouvrage en question, qu’il a toujours rejeté les thèses dites révisionnistes mettant en doute la réalité du massacre des juifs par les Nazis et que la publication de sa lettre est une manoeuvre électorale. C’est aussi l’avis du parti de Christoph Blocher, l’Union démocratique du Centre. Un parti qui est cependant embarrassé par cette affaire dans la mesure où son aile nationaliste et ultra conservatrice, dont le leader est justement Christoph Blocher, est souvent accusée d’avoir avec certaines thèses d’extrême droite des rapports malsains, sinon ambigus.
Michel Walter
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