Des autoroutes du ciel plus larges et plus vertes

Ce système va permettre de réduire les retards dans les aéroports et donc de diminuer les risques de collision. Keystone Archive

Grâce au système de contrôle RVSM, le ciel européen change radicalement de visage. La Suisse y adhère pleinement.

Ce contenu a été publié le 24 janvier 2002 - 08:17

Il y aura désormais un avant et un après 23 janvier. Tout a basculé à minuit mercredi. Comme 40 pays d'Europe et d'Afrique, la Suisse a introduit le projet RVSM (Reduced Vertical Separation Minimum) de gestion du trafic aérien.

«Le RVSM est le plus grand projet qu'ait connu l'espace aérien depuis 50 ans», précise Patrick Herr, porte-parole de Skyguide, la société de contrôle du trafic aérien en Suisse.

Il s'agit d'une innovation majeure. Le RVSM permet en effet d'augmenter la capacité aérienne, d'améliorer la ponctualité des vols, mais également de consommer moins de kérosène. Avec, pour conséquence, une diminution de la pollution.

Une avionique plus sophistiquée

Concrètement, le RVSM permet de doubler la capacité d'accueil des avions dans les couloirs aériens situés entre 8840 et 12 500 mètres d'altitude.

«Depuis un demi-siècle, la distance minimum à respecter entre deux avions est de 600 mètres, explique Patrick Herr. Désormais, grâce au RVSM, cette distance peut être ramenée à 300 mètres.»

Cela implique donc une plus grande proximité entre les avions. Et logiquement, un risque accru de collisions. Mais, Patrick Herr ne voit aucun danger à cela.

«Le minimum de 600 mètres a été instauré à l'époque où l'instrumentation des avions (l'avionique), ainsi que le contrôle aérien étaient moins précis», rappelle le porte-parole de Skyguide.

«Actuellement, ajoute Patrick Herr l'avionique est beaucoup plus sophistiquée. Ce qui permet aux appareils de se rapprocher encore plus les uns des autres. Ils peuvent même être localisés au mètre près depuis les radars de contrôle.»

Bien sûr, ces progrès ont nécessité quelques adaptations. Il a fallu introduire des modifications techniques dans les radars de contrôle de Skyguide. Et les contrôleurs aériens ont dû suivre une formation supplémentaire.

Contrôleurs du ciel moins stressés?

Il semble donc que l'application du système de contrôle RVSM rime avec plus de responsabilité pour les contrôleurs aériens. Et par conséquent avec un surcroît de stress.

«Au contraire, rétorque Patrick Herr. Dorénavant, les contrôleurs devront gérer des espaces aériens nettement plus restreints. Et, même s'il y a plus d'avions à l'intérieur de cet espace, ils ne seront pas surchargé. Ils ne stresseront pas plus qu'avant.»

Amélioration de la ponctualité

Autres avantages du système de contrôle RVSM: la ponctualité et un corollaire presque inattendu, la sécurité.

«En effet, précise Patrick Herr, l'augmentation de la capacité d'accueil des couloirs permet d'améliorer la ponctualité du trafic aérien. Et la diminution des retards dans les aéroports réduit les risques de collision.»

Et l'éloge de Patrick Herr ne s'arrête pas là. En effet, le RSVM permet non seulement d'augmenter de façon sensible le trafic aérien, mais il est en plus écologique. Et ce qui semble à première vue paradoxal devient tout de suite logique.

«Les avions doivent très souvent tourner en rond, patienter pour atterrir ou pour décoller, en raison de l'encombrement du ciel, explique le porte-parole de Skyguide. Avec un énorme gaspillage de kérosène». Le RVSM résout ce problème.

Par ailleurs, selon une étude menée en Europe, le gain en ponctualité du trafic permettra d'économiser, annuellement, près de 300 000 tonnes de carburant, soit près de 6 milliards de francs suisses.

Jean-Louis Thomas

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

Partager cet article