Aujourd’hui en Suisse
Bonjour à vous, Suisses d’ici et d’ailleurs,
Il aura fallu une crise sanitaire pour que le monde acclame ses soignants. Et s’ils (et elles) méritaient nos applaudissements tout au long de l’année? swissinfo.ch a visité les hôpitaux du pays, à la rencontre d’infirmières souvent à la limite du burn out. Ces témoignages font froid dans le dos.
A découvrir d’urgence – en tête de notre sélection du jour – pour poser durablement un autre regard sur les blouses blanches.
Excellente lecture,
Le coronavirus a fait des soignants des héros. Mais même en-dehors d’une pandémie, leur quotidien est parfois un enfer. swissinfo.ch s’est penché sur la condition des infirmières en Suisse, avant et pendant la crise.
Le saviez-vous? Ce 12 mai est la Journée mondiale des infirmières. Sans la crise sanitaire actuelle, elle aurait tout aussi bien pu passer inaperçue. Et pourtant…
Horaires stressants, travail éprouvant, salaires bien minces, reconnaissance insuffisante, machisme dominant. A lire certains témoignages, on se demande comment ces femmes souriantes trouvent encore la force de soigner et de réconforter leurs patients.
En Suisse comme ailleurs, le secteur hospitalier s’est vu mettre au régime minceur depuis des décennies. Néo libéralisme et impératifs de rentabilité obligent. La crise qui vient de secouer le pays suffira-t-elle à initier un changement de cap?
- Le reportage de mes collègues Luigi Jorio et Sibilla Bondolfi
- L’épidémie recule en SuisseLien externe. Pour la première fois le Tessin n’a enregistré aucun nouveau cas ni aucun décès – le suivi de la RTS
- Notre dossier sur la crise du coronavirus en Suisse
Jamais il n’avait eu à voter un montant pareil. Le Parlement suisse a avalisé la semaine dernière le déblocage de près de 60 milliards de francs pour amortir le choc du coronavirus. En comparaison internationale, la Suisse est ainsi un des pays les plus généreux dans son soutien à l’économie.
Le Fonds monétaire international s’attend à une contraction de l’économie mondiale de 3% en 2020. Cela paraît peu, mais selon l’organisation, ce serait «la pire récession depuis la Grande dépression» des années 1930, bien plus grave que la crise financière de 2008.
La plupart des gouvernements ont pris des mesures totalement inédites, tant par leur nature que par leur ampleur. La facture globale de ces trains de mesures extraordinaires de soutien aux ménages, aux entreprises et aux marchés financiers pourrait excéder les 10’000 milliards de dollars.
La Suisse se classe parmi les pays dont la part de richesse consacrée aux mesures fiscales et aux dépenses publiques exceptionnelles est la plus élevée. swissinfo.ch a calculé que la part moyenne du PIB consacrée à ces plans est de 6,8% dans les pays de l’OCDE, alors qu’en Suisse, elle dépasse 9%.
Plus
Avec le confinement, certains Suisses ont changé leurs habitudes de consommation. On s’est mis à acheter local et bio. Tendance durable? Le quotidien Le Temps a de sérieux doutes.
Dès le début du déconfinement, on a vu les gens se ruer sur les fast food. Est-ce à dire que les bonnes résolutions se sont envolées aussi vite qu’elles étaient venues?
Bien sûr, les ménages suisses ont globalement moins consommé depuis deux mois, mais pour l’alimentation, les chiffres n’ont guère changé. Les 12 milliards de francs économisés l’ont aussi été par des gens qui ont vu leurs re venus baisser.
Si la vente directe à la ferme a marqué quelques points, elle reste totalement marginale face à la grande distribution. Il y a donc gros à parier qu’avec le déconfinement, les gens auront d’autres priorités que de repenser leur consommation.
- L’articleLien externe du Temps (abonnés)
Quand le passé éclaire le présent: Zurich, 1867, une épidémie de choléra ravage les quartiers pauvres de la ville. Le peuple se révolte et demande plus de droits. C’est les débuts de la démocratie directe dans sa forme moderne. De la ville, elle va s’étendre au canton, puis à tout le pays.
À ce moment, «les conditions sont tout à fait propices» à un changement, relève l’historien Flurin Condrau. Dans les années 1860, outre l’épidémie, le ralentissement économique et le mouvement démocratique naissant sont des facteurs décisifs.
L’épidémie n’est donc pas la seule cause de la révolte, mais une crise est souvent un «stress test» pour une société. Elle révèle soudain des faiblesses et des inégalités, tout en remettant en question les anciennes règles, qui semblent ne pas pouvoir apporter de réponses.
Cette histoire du 19e siècle résonne de manière particulière de nos jours. Comme le choléra à l’époque, le coronavirus rend plus criantes les inégalités sociales.
- L’article de mon collègue Domhnall O’Sullivan
Plus
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative