La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Démocratie suisse
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse
Podcast

Berne, au jeu de la petite bourse qui monte

Le bateau Beatus du BLS. La société BLS AG a fait son entrée dans la bourse de Berne. BLS

Une deuxième bourse émerge dans le paysage financier suisse dans l'ombre du Swiss Exchange (SWX). La Bourse de Berne (BX) attire toujours plus de PME.

Ce marché dont la survie est restée incertaine jusqu’en mars dernier se veut l’antichambre du SWX.

«Au moment de la fusion des bourses de Genève, Bâle et Zurich (1995), celle de Berne a estimé qu’il y avait une place à prendre en marge, indique son président Peter Heller. Une seule bourse n’était pas de nature à répondre aux intérêts des petites entreprises suisses.»

Dix ans et pas mal de difficultés plus tard, le pari est en passe d’être gagné, avec entre temps une transition vers le négoce électronique des titres. C’était en 2002.

Depuis, la Bourse de Berne (BX) vivait sous surveillance. Parmi ses membres, les grandes banques hésitaient à reconduire leur soutien. Elles l’ont accordé lors de l’assemblée générale de mars.

La plateforme électronique a prouvé son efficacité, invoque Peter Heller. La bonne tenue actuelle des marchés financiers et l’intérêt des PME a fait le reste.

Une cinquantaine

Actuellement, une cinquantaine d’entreprises sont cotées à la BX. Des sociétés comme Citron – spécialiste des installations de recyclage des déchets – le groupe financier BFW ou, récemment, 3S Swiss Solar Systems.

De plus gros poissons sont annoncés avec l’arrivée prévue en août prochain de Biella, premier fabricant de fournitures de bureau du pays. Ou du groupe agroalimentaire Hochdorf.

«L’annonce de Biella a eu un impact positif, confie Peter Heller. Et deux ou trois sociétés vont venir avec certitude ces prochains temps. Reste à en officialiser l’annonce.»

Un marché de niche

La Bourse de Berne s’est fixé un marché de niche: les PME. De tout le pays, même si la majorité proviennent encore du terreau bernois. Un objectif réaliste aux yeux du rédacteur en chef de Swiss Equity Magazin.

«Aujourd’hui déjà, elle accueille suffisamment d’entreprises n’ayant pas leur siège dans le canton, explique Björn Zern. Son positionnement est sa grande chance.»

Selon ce spécialiste, une cotation au SWX est souvent trop lourde pour les PME. D’abord en termes d’exigences règlementaires et légales. Mais aussi de coût de la cotation (au moins quatre fois moins élevé qu’au SWX).

Une antichambre

Les sociétés qui y trouvent un intérêt sont «des PME en processus de succession (Bielle-Neher) ou celles qui cherchent du capital pour leur développement (3S Swiss Solar Systems)», indique Björn Zern.

Selon Peter Heller, «une entreprise peut rester deux, cinq, dix ans à Berne, puis entrer au SWX, lorsqu’elle aura fait son apprentissage ou qu’elle se sent prête.»

La BX se voit donc comme une sorte d’antichambre de la bourse suisse. Une antichambre qui s’adresse aux mêmes investisseurs que la SWX, analyse Björn Zern. Qui précise que ces derniers «ne viendront que pour des entreprises intéressantes.»

Le voie solitaire

En l’état, cette bourse reste mal connue. A la fois des entreprises susceptibles d’y être cotées, et des investisseurs, qui restent trop peu nombreux. «Elle devrait mieux vendre ses avantages», assure-t-il.

Sans erreur de gestion ou crash boursier, la BX devrait toutefois renforcer à l’avenir sa position sur le marché des capitaux suisse. Elle y a sa place à côté de SWX, estime Björn Zern.

«Elle n’est pas en concurrence directe avec nous, confirme officiellement le porte-parole de SWX, Jürg Von Arx. Car elle attire des entreprises plus ou moins locales…»

Björn Zern va plus loin. Il estime qu’au cas où la BX ne réussirait pas dans la voie solitaire, une coopération (à définir) avec SWX serait une alternative, dans le trend des rapprochements à l’échelle européenne.

Un peu prématuré sans doute, au vu des apparentes réticences de Peter Heller. Lequel lance toutefois, évasif, «mais on se parle».

swissinfo, Pierre-François Besson

La Bourse de Berne date de 1884
Le négoce des titres est effectué électroniquement depuis 2002
Dix banques sont membres – UBS, Credit Suisse Private Banking et ABN AMRO Bank notamment
50 sociétés sont cotées
Son index phare (BIRW) a augmenté de 19% en 2005
Valeur de capitalisation à fin 2005: 11,41 milliards de francs
Contre 1070 milliards pour la Bourse suisse

– En Suisse, le négoce des actions est dominé par la Bourse suisse SWX, née en 1995 de la fusion entre les bourses de Bâle, Genève et Zurich.

– La Bourse suisse comme la Bourse de Berne sont soumises au contrôle de la Commission fédérale des banques (autorité de surveillance) et à la loi sur les bourses de 1995.

– Cette loi vise à garantir l’efficacité, la liquidité, la transparence et la sécurité du marché des capitaux. Elle prévoit une protection des investisseurs et fixe les conditions qui doivent permettre une allocation optimale des ressources – mission première des bourses.

Les plus appréciés

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !

Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision