Descente du fisc italien dans des banques suisses
Le fisc italien a mené mardi une opération «coup de poing» contre 76 établissements bancaires liés à la Suisse ou situés près de Saint-Marin. Ceci alors que le ministre des Finances Hans-Rudolf Merz venait de déclarer dans la presse qu'il renonçait à des mesures de rétorsion contre l'amnistie fiscale en Italie.
Des agents du fisc et de la police financière ont «contrôlé ce matin soixante-seize agences de banques suisses, d’établissements bancaires liés à des intermédiaires suisses ou situés près de Saint-Marin», petite République enclavée dans le nord-est de l’Italie, ont annoncé le fisc et la police financière dans un communiqué.
Les autorités entendaient ainsi vérifier si ces établissements financiers respectent «les obligations de communication» des opérations bancaires effectuées par leurs clients.
L’intensification des contrôles, «qui a pour objectif de garantir le respect des obligations de communication» afin de contrer l’évasion fiscale, «s’est ouverte sur un premier échantillon de sujets particulièrement à risque», note le fisc, qui annonce la tenue de nouveaux contrôles prochainement.
Les services financiers italiens intensifient les contrôles contre l’évasion fiscale alors qu’une amnistie sur les biens cachés à l’étranger mise en place par le gouvernement de Silvio Berlusconi est entrée en vigueur mi-septembre. Le fisc avait annoncé en septembre avoir mis la main sur près de quatre milliards d’euros cachés à l’étranger depuis début 2009.
Dans une interview accordée au journal économique italien «il Sole 24 Ore», le ministre des Finances Hans-Rudolf Merz a déclaré mardi qu’il ne donnerait pas suite aux revendications des autorités tessinoises, qui demandaient à la Confédération de prendre des mesures de rétorsion contre l’amnistie fiscale italienne.
Il vaut beaucoup mieux trouver des solutions «qui contentent tout le monde et ne portent préjudice à personne», a indiqué Hans-Rudolf Merz, qui espère ainsi pouvoir éviter la confrontation entre la Suisse et l’Italie. Les conséquences de l’amnistie fiscale italienne sur la place financière suisse ne sont pas mesurables, a-t-il concédé.
swissinfo.ch et les agences
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