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Espionnage Les téléphones portables suisses sont facilement piratables

Des SMS envoyés par une banque avec des codes confidentiels en passant par les discussions d'affaires avant la signature d'un contrat, toutes les conversations sont vulnérables.

(RTS-SWI)

Des failles de sécurité sur les réseaux de téléphonie mobile ont été découvertes dans plusieurs pays occidentaux. En Suisse aussi, les téléphones peuvent facilement être piratés, comme le montre une enquête de la Radio télévision suisse (RTS).

Manon Schick est en contact régulier avec des dissidents politiques sur des dossiers épineux. Pour les besoins de l'enquête de la RTS, la responsable de la section suisse d’Amnesty International a accepté de subir une tentative de piratage à une condition: disposer d'un nouvel appareil pour garantir que toutes les personnes en contact avec ce numéro soient au courant de l'expérience.

Le piratage, lui, a été confié à Luca Malette, un spécialiste en cybersécurité établi à Berlin. Ses principales recherches portent sur le SS7, ou système de signalisation numéro 7, qui connecte tous les opérateurs de télécommunication ensemble. A partir de ce système, un pirate peut accéder à n'importe quel réseau mobile de la planète s'il est mal sécurisé.

Pour tenter de mettre sous surveillance le nouveau portable de Manon Schick, le spécialiste ne disposait que d'un numéro de l'opérateur Salt.

Conversations, SMS et géolocalisation

Une semaine plus tard, Luca Malette livre un bilan de son expérience de piratage. En plus de toutes les conversations orales, il a pu dévier des SMS et suivre à la trace le téléphone de Manon Schick.

«Salt n'a pas mis en place de système de protection. C'est la situation typique d'un opérateur qui n'a pas encore vu le problème»

Luca Malette, spécialiste en cybersécurité

Fin de la citation

«L'opérateur Salt n'a pas mis en place de système de protection. Il est possible de suivre un téléphone et d'intercepter des appels. C'est la situation typique d'un opérateur qui n'a pas encore vu le problème», explique l'expert.

Contacté, l'opérateur reconnaît des problèmes. «Salt planifie désormais la mise à jour de ses différents instruments de sécurité. Celle-ci doit intervenir au cours des prochains mois et combler certaines lacunes pour lesquelles notre dispositif actuel ne proposerait pas de solution complète», indique son porte-parole.

Durant la semaine de test, des téléphones de Swisscom et de Sunrise ont aussi été piratés. Avec des réseaux mieux protégés, il serait nécessaire d'utiliser des outils supplémentaires pour obtenir des résultats aussi inquiétants qu'avec Salt.

Reste que n'importe quel citoyen suisse est susceptible d'être lui aussi piraté. Des SMS envoyés par une banque avec des codes confidentiels en passant par les discussions d'affaires avant la signature d'un contrat, toutes les conversations sont vulnérables.

La Suisse, plaque tournante de la surveillance

L’enquête de la RTS a également mis le doigt sur un autre phénomène: la vente de matériel d’écoute téléphonique par des sociétés basées en Suisse vers des pays gouvernés de manière autoritaire tels que la Chine, le Pakistan ou la Turquie. Les montants se chiffrent en millions de francs.

Une situation critiquée par la section suisse d’Amnesty International. «Ce n’est pas un business comme un autre (…) La Suisse a un rôle à jouer et pourrait montrer l’exemple en arrêtant de livrer du matériel de surveillance à des Etats dont on sait qu’ils les utilisent pour commettre des violations des droits humains», estime Manon Schick.  

swissinfo.ch/sj

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