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La Suisse doublement intéressée par le vaccin de Moderna

Le vaccin de Moderna sera fabriqué sur quatre lignes de production, l'une aux Etats-Unis et les trois autres à Viège, sur le site de production de l'entreprise bâloise Lonza. Keystone / Olivier Maire

Une semaine après Pfizer, la société américaine Moderna a annoncé lundi des résultats prometteurs pour son vaccin expérimental contre la Covid-19. Berne a réservé plusieurs millions de doses, alors que l'entreprise bâloise Lonza produira ce vaccin sur son site de Viège, en Valais.

Ce contenu a été publié le 17 novembre 2020 - 00:00
Romaine Morard / RTS Info

Sur la base d’une première analyse intermédiaire de l'étude clinique, l’entreprise de biotechnologies Moderna a annoncé une efficacité de 94,5% pour son candidat-vaccin.

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InterrogéLien externe mardi dans La Matinale de la radio publique suisse (RTS), le président du conseil d'administration de Lonza rappelle qu'un vaccin contre la grippe saisonnière a une efficacité d'environ 50% à 60%. «Ce nouveau vaccin, avec une nouvelle technologie, donne une efficacité de 94,5%, c'est exceptionnel», se réjouit Albert Baehny.

Il se garde cependant de toute euphorie prématurée: «Avec ces annonces de Pfizer et de Moderna, il y a actuellement deux vaccins avec un taux d'efficacité extrêmement élevé et c'est extrêmement prometteur pour les prochains mois. Mais on n'est pas au bout du chemin.»

Le vaccin de Moderna nécessite deux doses, avec un intervalle d'environ deux à trois semaines. Mais il peut surtout être stocké à une température nettement supérieure à celui de Pfizer (-80 degrés), ce qui est une garantie de stabilité.

Le vaccin de Moderna est stockable durant 6 mois et transportable à une température de -20 degrés. «Lorsque le vaccin a atteint son point d'utilisation ou d'administration (hôpitaux, médecins, pharmaciens…) il peut être stocké pendant 30 jours entre 2 et 8 degrés, donc dans un réfrigérateur normal, détaille Albert Baehny. Ce sont des méthodes standard dans l'industrie pharmaceutique. Donc il n'y a pas de problème de logistique avec ce vaccin.»

Demande d'autorisation imminente en Suisse

Sur la base des résultats publiés, Moderna va cette semaine déposer son dossier auprès de la FDA (Food and Drug Administration) aux Etats-Unis pour demander une autorisation en urgence (emergency use utilisation). «Et je pense qu'au plus tard la semaine prochaine, Moderna va aussi déposer son dossier auprès de Swissmedic en Suisse», précise le président du conseil d'administration de la société bâloise.

La commercialisation en Suisse du vaccin de Moderna contre la Covid-19 pourrait intervenir au premier semestre 2021. Le responsable de Moderna pour l'Europe évoque même le mois de janvier prochain.

Restera, quels que soient les vaccins proposés, à gagner la confiance du public. D'autant que Pfizer comme Moderna utilisent pour la première fois la technologie basée sur l’ARN messagerLien externe pour la production de ce vaccin. 

Albert Baehny rappelle que Moderna travaille depuis 10 ans avec ce procédé: «Donc je pense que cette technologie est sûre. Mais il y aura naturellement toujours des sceptiques, des personnes qui seront opposées au vaccin. Donc il y aura un travail de communication à faire, certainement, pour informer les gens sur la nature de ce vaccin et sur le fait qu'il n'y a pratiquement pas de risque à se faire administrer un tel produit.»

Une avancée majeure pour la médecine

Financièrement, ce vaccin ne va pas rapporter gros à la société pharmaceutique suisse, à en croire Albert Baehny: «Le but principal était de servir et d'aider la société. Le deuxième but, naturellement, c'est de ne pas faire de pertes. Mais ce n'est pas un but commercial: les marges que l'on va générer avec ce vaccin ne seront pas les marges standard de Lonza. Mais ce n'est pas le problème. Ce que l'on voulait avec Moderna, c'était d'être parmi les premiers à mettre sur le marché un vaccin efficace qui puisse nous amener à une situation à nouveau normale. »

Le président du conseil d'administration de Lonza souligne que «cette nouvelle technologie va aider la société à avoir accès à d'autres vaccins, de nouveaux vaccins et de nouveaux médicaments. Donc c'est une ouverture technologique extrêmement importante pour la médecine.»

>> Les explications de Stéphane Bancel, patron de Moderna au 19h30 (16.11.20):

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