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Les élèves avec des racines étrangères ont plus de peine, mais en «veulent» davantage

En Europe, ils forment un quart des effectifs des classes: comment les élèves issus de l’immigration s’en sortent-ils à l’école? Plus difficilement que les autres - et particulièrement en Suisse -, mais en revanche, ils ont davantage de volonté d’y arriver.

Ce contenu a été publié le 20 mars 2018 - 08:24
Comment se sent le nouvel élève arrivé de Syrie au milieu d'une classe de petits Zurichois, avec aussi des Tamouls, des Portugais et des Américains? L'étude de l'OCDE tente d'appréhender en chiffres ces différentes réalités. Elisabeth Real/Keystone

La diversité à l’école, c’est un défi, mais aussi une chance. Car «la diversité a toujours été au cœur du progrès humain», écrivent les experts de l’OCDE en introduction de cette nouvelle étudeLien externe, 300 pages dans sa version originale anglaise, enrichies de dizaines de tableaux. A partir des données de l’étude PISA 2015Lien externe (sur les compétences des élèves dans une septantaine de pays), les auteurs ont évalué plus spécialement les capacités des élèves issus de l’immigration.

Celles-ci ne se mesurent pas seulement à leurs résultats scolaires chiffrés. Ont aussi été pris en compte leur sentiment d’appartenir à leur école, leur niveau d’angoisse face aux devoirs à faire à la maison, leur motivation à réussir et leur satisfaction dans la vie en général.

Les données couvrent pratiquement toute l’Europe, le Proche-Orient, l’Asie, les deux Amériques et l’Océanie, mais pas l’Afrique, à l’exception de l’Algérie et de la Tunisie.

Les migrations modifient en profondeur la composition des sociétés, et donc aussi des écoles. En 2015, un élève de 15 ans sur quatre dans les pays de l’OCDE était né à l’étranger ou avait au moins un parent né à l’étranger. En Suisse et au Luxembourg, la proportion est même de plus d’un sur deux.

Contenu externe


Dix points d’écart

En règle générale, les élèves issus de l’immigration, - surtout ceux de la première génération - font moins bien et se sentent moins bien à l’école que les purs natifs. Les écarts sont de plus ou moins dix points de pourcentage sur tous les critères d’évaluation.

Pour l’expliquer, les auteurs de l’étude mettent en avant deux facteurs principaux: les désavantage socio-économiques (les immigrés, surtout les derniers arrivés, sont souvent pauvres et pas encore bien intégrés) et la barrière de la langue.

La Suisse se trouve dans le groupe d’une dizaine de pays où les résultats sont globalement les moins bons, en compagnie notamment de l’Autriche, de la Belgique, de l’Allemagne, du Japon et du Luxembourg.

Mais c’est surtout l’angoisse liée aux devoirs qui tire la moyenne suisse vers le bas. S’agissant des purs résultats, le score des élèves issus de l’immigration est nettement meilleur. L’étude l’attribue à plusieurs facteurs, parmi lesquels «la sélectivité de la politique d’immigration, la qualité générale du système éducatif et la langue dans laquelle les cours sont donnés».

S’agissant de langue justement, l’étude décerne un bon point au programme zurichois Qualität in multikulturellen SchulenLien externe, obligatoire dans les écoles du canton où plus de 40% des élèves sont multilingues. Ici, les programmes sont adaptés, les élèves reçoivent des cours d’allemand intensifs, mais leur langue et leur culture d’origine sont aussi encouragés et valorisés, dans une perspective de respect mutuel.

Très motivés

Et finalement, si l’on parle de motivation, les élèves issus de l’immigration en «veulent» nettement plus que les autres, et ceci pratiquement dans tous les pays examinés. Confrontés à l’affirmation «je veux être le meilleur, quoi que je fasse», les jeunes d’origine étrangère sont en Suisse près de la moitié à s’y retrouver, soit 10% de plus que les purs natifs.

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