Un centre de recherche Novartis à Shanghai
Le géant pharmaceutique bâlois va investir 100 millions de dollars pour un site de recherche et développement dans la métropole chinoise, qui emploiera 400 scientifiques.
Novartis pourra ainsi renforcer sa position sur un marché en pleine croissance et profiter des compétences des chercheurs locaux.
Ce centre, qui se concentrera en premier lieu sur les causes infectieuses des cancers, sera le premier de ce type en Chine, précise lundi le groupe pharmaceutique suisse dans un communiqué.
Le début des activités est prévu pour mai de l’an prochain. Dans un premier temps, les chercheurs travailleront dans des locaux provisoires, en attendant les nouveaux bâtiments, dont la construction doit démarrer en juillet.
«Le niveau des compétences scientifiques en Chine augmente rapidement, explique Daniel Vasella, patron de Novartis. Et en même temps, l’urbanisation, les changements de style de vie et les maladies chroniques qui y sont liées font augmenter les besoins de la population en matière de santé».
Selon les spécialistes en effet, les hausses du pouvoir d’achat s’accompagnent de hausses parallèles de maladies comme l’hypertension et le diabète, conséquences d’une vie plus sédentaire et d’une alimentation plus riche.
Ainsi, un cabinet de consultants indépendant de Boston a calculé que le marché chinois des médicaments devrait passer de 13 milliards de dollars en 2005 à 25 milliards en 2010.
Médecine chinoise
Novartis prévoit également d’utiliser son centre de Shanghai pour combiner recherche pharmaceutique moderne et médecine chinoise traditionnelle.
Le géant bâlois a déjà eu recours aux savoirs traditionnels, par exemple pour le Coartem, son médicament contre le paludisme, développé avec des partenaires comme l’Académie militaire chinoise des sciences médicales.
Dans le passé, les compagnies pharmaceutiques occidentales étaient plutôt réticentes à investir en Chine, où elles craignaient que leurs brevets ne soient pas suffisamment protégés. Mais la situation est en train de s’améliorer pour elles.
En juin dernier, un tribunal chinois a confirmé les droits de Pfizer sur le Viagra, cassant une décision de 2004 qui privait le géant américain de son brevet local sur un des ses médicaments vedette.
Forte présence
Novartis affirme aujourd’hui être le quatrième groupe pharmaceutique actif en Chine. Depuis 2001, son taux de croissance annuelle y est de 20%, alimenté principalement par les génériques de sa filiale Hexal.
La multinationale bâtit actuellement une usine à Changshu, dans la province de Jiangsu. Ce site sera opérationnel au milieu de l’année prochaine.
Roche, le rival bâlois de Novartis, est également très présent dans le pays, à côté des groupes britanniques AstraZeneca et GlaxoSmithKline.
swissinfo et les agences
Les activités de recherche de Novartis sont réparties dans divers instituts de recherche biomédicale.
La direction de ces instituts se trouve à Cambridge (Massachussetts, USA). Bâle conserve néanmoins un centre important.
D’autres sites importants se trouvent à Horsham (Grande-Bretagne), Vienne (Autriche), Tsukuba (Japon) et East Hanover (New Jersey, USA).
Les activités de recherche de Novartis comptent encore trois autres centres: l’Institut de génomique de la Fondation de recherche de Novartis à La Jolla (Californie, USA), l’Institut des maladies tropicales de Singapour et l’Institut Friedrich Miescher (FMI) à Bâle.
Novartis s’attend à une croissance à deux chiffres de ses ventes en Chine dans les années à venir.
Depuis cinq ans, elles ont augmenté de 20% par année. Pour l’année 2006, la croissance n’est que de 10%.
D’ici 2010, la Chine devrait devenir un des dix principaux marchés du groupe.
Novartis produit sur place la plupart des médicaments qu’elle vend en Chine.
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