L’Union européenne veut dynamiser le fret ferroviaire… avec la Suisse
L'UE veut que le transport de marchandises passe davantage par le rail. Les mesures présentées jeudi par la Commission doivent permettre d’ouvrir les réseaux et de simplifier les prescriptions techniques. La Suisse est partie prenante de ce chantier.
L’Europe des Quinze veut que le transport de marchandises passe davantage par le rail. Les mesures présentées jeudi par la Commission doivent permettre d’ouvrir les réseaux nationaux et de simplifier les prescriptions techniques. La Suisse est partie prenante de ce chantier européen.
S’il est un domaine dans lequel l’Union européenne ne peut pas faire comme si la Suisse n’existait pas, c’est bien celui des transports, la carte des grands axes du continent est éloquente. Et en l’occurrence cela tombe bien: la Suisse passe pour un bon élève du soutien au rail, en particulier pour les marchandises. Pour une fois, c’est donc l’Europe qui se rapproche de la Suisse en affichant sa volonté d’augmenter la part du transport ferroviaire.
Depuis trente ans, la route ne cesse de gagner des parts de marché, au point qu’en Europe, le rail se contente aujourd’hui de 12 pour cent du volume de marchandises. Et pendant que la Suisse développait une stratégie plus favorable au rail, les Quinze ne parvenaient pas à se mettre d’accord sur les modalités d’ouverture des réseaux.
La France, d’abord opposée à toute libéralisation, a débloqué la situation en proposant de réserver la concurrence aux grandes lignes. Cela ne devrait pas poser de problème à la Suisse. Les accords bilatéraux avec l’Union européenne prévoient l’ouverture de nouveaux tunnels de base au Gotthard et au Lötschberg, avec accès à des opérateurs étrangers. Les lignes Bâle-Chiasso et Bâle-Domodossola entreront tout naturellement dans le réseau transeuropéen.
Reste qu’en Suisse l’ouverture représente un gros défi pour les Chemins de fer fédéraux. La crainte de leurs dirigeants, c’est que l’ouverture à la concurrence ne conduise à une baisse des prix davantage qu’à une amélioration du service. En attendant, les CFF se font les dents en coordonnant l’exploitation du transport de marchandises avec les chemins de fer italiens.
Thierry Zweifel
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