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Trains sous haute surveillance

Dans les agglomérations bâloise et zurichoise, il y a 34 km de voie qui présentent un danger. Keystone

Dès 2003, les transports de matières dangereuses par le rail seront plus sûrs en Suisse. L'industrie chimique, les CFF et les pouvoirs publics s'y engagent.

Juin 1994: en quelques heures, l’attention du pays entier se focalise sur la gare de Lausanne. Le déraillement d’un train de produits chimiques et le risque d’explosion qui s’en suit imposent l’évacuation de 3000 habitants du quartier et la mobilisation sur cinq jours de plus de 800 sauveteurs, toutes disciplines confondues.

Même si le risque zéro n’existe pas, les Chemins de fer fédéraux (CFF), la Société suisse des industries chimiques (SSIC) et le Département fédéral de l’environnement, transports, énergie et communication (DETEC) entendent faire le maximum pour que cela ne se reproduise pas.

C’est dans ce sens que les trois partenaires ont présenté jeudi à Berne leur «déclaration conjointe sur la réduction des risques inhérents au transport de marchandises dangereuses, à très haut potentiel de dommages».

Risque inacceptable

Principales substances visées: le chlore et le dioxyde de soufre, qui transitent le plus souvent entre la région bâloise et le Valais, hauts lieux de la chimie suisse. Si le rail est notablement plus sûr que la route, il subsiste malgré tout des zones où le risque est jugé inacceptable.

Les CFF ont répertorié 34 kilomètres de voies entrant dans cette catégorie, essentiellement dans les agglomérations bâloise et zurichoise. Non pas que le risque de déraillement ou de collision y soit particulièrement élevé, mais la densité de population fait qu’un accident pourrait y avoir des conséquences nettement plus graves que n’importe où ailleurs.

Des trajets moins longs…

Avec l’accord signé jeudi, l’industrie chimique s’engage à optimiser ses transports de matières dangereuses. Le but est de réduire autant que faire se peut le kilométrage parcouru par les convois à haut risque. Et ceci dès le début de l’année prochaine.

«Imaginons par exemple que l’usine Lonza de Viège a besoin de chlore. Elle ira désormais l’acheter près de Domodossola, en Italie voisine, au lieu de le faire venir de Zurzach, en Argovie. Ce qui réduit considérablement la longueur du trajet», explique Richard Gamma, responsable du secteur environnement et sécurité pour la SSIC.

En agissant de la sorte, on s’attend à ce que les kilomètres parcourus par des wagons de chlore diminuent d’un quart en moyenne annuelle. Et les mêmes mesures s’appliqueront aux autres produits dangereux.

…et des wagons plus sûrs

Les CFF de leur côté s’engagent à équiper 623 wagons-citerne circulant sur leur réseau de détecteurs de déraillement. Ces appareils actionnent les freins d’urgence du convoi dès qu’un wagon sort des rails, ce qui contribue à atténuer les conséquences d’un éventuel accident.

A plus long terme, l’obligation d’utiliser exclusivement des wagons spéciaux, nettement plus sûrs, sera introduite entre 2006 et 2010. L’accord inclut également une clause routière, pour éviter que les produits dangereux devenus indésirables pour les chemins de fer ne se retrouvent dans des camions-citerne.

Les premières mesures d’adaptation du matériel, qui doivent entrer en vigueur au 1er janvier 2003, vont coûter sept millions de francs. Les CFF se partagent cet investissement avec la SSIC, qui alimente régulièrement un fonds spécial à cet effet.

Un exemple pour l’Europe

Selon ses trois signataires, cette déclaration va améliorer sensiblement la sécurité des transports chimiques par rail, dans un pays où elle est déjà particulièrement élevée en comparaison internationale.

La Suisse affirme par ailleurs sa volonté de faire école auprès de ses voisins, apparemment moins regardants sur la sécurité des trains chimiques.

swissinfo/Marc-André Miserez

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