Juifs de Suisse contre Congrès juif mondial

Choc des titans entre Alfred Donath (à g) de la SIG, et Israel Singer, ex-dirigeant du CJM. Keystone

La Fédération suisse des communautés israélites (FSCI) et le Congrès juif mondial (CJM) sont en conflit autour de prétendues irrégularités financières.

Ce contenu a été publié le 15 novembre 2004 - 18:42

Au centre de la bisbille, un compte genevois inconnu du bureau local du CMJ, utilisé par son ex-secrétaire général.

La Fédération suisse des communautés israélites a écrit lundi au Congrès juif mondial. Elle lui demande des explications sur la fermeture brutale et inexpliquée du bureau genevois du CMJ en avril dernier.

Confirmation en est donnée par le porte-parole de la SIG, Thomas Lyssy, suite à plusieurs articles dans la presse helvétique.

Sur le fond, la controverse porte sur 1,2 millions de dollars qu’Israel Singer, ex-secrétaire général du CJM, aurait déposé sur un compte genevois.

La direction du CJM conteste les reproches de certains de ses fonctionnaires, pour qui cet argent (entre-temps reversé aux Etats-Unis, via Israël) a été transféré illégalement à Genève, à l'insu de ses instances de contrôles.

Le CMJ assure que cette somme était destinée à des rentes de fonctionnaires. Ses opposants pensent qu’elle était plutôt vouée à finir dans les poches du seul Israel Singer.

Reste que c’est vraisemblablement à cause de ce compte genevois que la CMJ a fermé son bureau local.

Demandes d'explications

Suite à cette fermeture, le président de la FSCI, Alfred Donath, avait déjà écrit à Edgar Bronfmann, président du CJM, pour lui demander des explications.

Il en appelait également à une analyse externe des événements qui y avaient conduit. Une demande rejetée par le CJM, avec pour argument qu'une enquête interne n'avait constaté aucune irrégularité. Ce qui a conduit les Suisses a réclamer un audit indépendant.

Depuis, le Congrès juif européen (CJE), jumeau européen du CJM, serait lui aussi entré dans le jeu. Il aurait fait pression sur la SIG.

Thomas Lyssy confirme qu'au cours d'une séance tenue la semaine dernière, le praesidium du CJE a exigé de la FSCI qu'elle revienne sur sa position dans les quinze jours. Dans la balance: le siège d'Alfred Donath au sein du même praesidium.

Ces pressions n'y ont rien fait. La direction de la FSCI a décidé de maintenir sa position. D'où la lettre de lundi, dans laquelle elle exige toujours un audit indépendant.

Ouverte à la discussion

Son porte-parole précise toutefois que la SIG reste ouverte à la discussion avec les organisations juives mondiales. Et qu’elle ne souhaite pas s'immiscer dans les controverses qui ont lieu au sein de la direction du CJM.

Dans la NZZ am Sonntag, l'ancien président de la SIG, Michael Kohn, confirme en effet l’existence d’un conflit larvé au sein dudit CJM.

Sans unité, il n'y aura que des perdants, avertit d’ailleurs Michael Kohn: «L'unité juive, très importante en cette période de remontée de l'antisémitisme, serait affaiblie.»

swissinfo et les agences

Faits

La Fédération suisse des communautés israélites a écrit une nouvelle fois au Congrès juif mondial (CJM).
Elle lui demande des explications sur la fermeture du bureau de Genève.
Elle exige aussi un audit externe et indépendant.
En arrière-plan, les 1,2 millions de dollars que l’ex-secrétaire général du CJM aurait déposé sur un compte bancaire genevois.

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