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La 5e Suisse est une réalité méconnue en Suisse

L'occasion de retrouvailles... ici, en Allemagne.

(swissinfo.ch)

Alors qu’en Allemagne, des parlementaires ont découvert la réalité des Suisses de l’étranger, en Italie, c’est notamment sur la question du retour au pays que l’on s’est penché. Par ailleurs, au nord comme au sud, la fermeture des consulats inquiète…

On le sait, la Suisse vit une période pour le moins troublée sur le plan international. Ce qui ne l’empêche pas de fermer plusieurs de ses consulats. En Allemagne: Dresde (2006), Hambourg (2009), et maintenant Düsseldorf (2010). Mais en Italie également: celui de Gênes fermera en 2011.

La Suisse qui menace également de diminuer ou de supprimer les crédits aux médias spécifiquement destinés aux Suisses de l’étranger – La Revue suisse et swissinfo.

Une attitude de repli qui ne peut qu’inquiéter les communautés suisses de l’étranger, et qui a donc été évoquée aussi bien à Brunswick, au nord de l’Allemagne (Basse-Saxe), où la division allemande de l’Organisation des Suisses de l’étranger était réunie ce week-end, qu’à San Remo, tout près de la frontière française, où les représentants des Suisses de la Péninsule se sont retrouvés.

Mieux comprendre la diaspora

Il est temps pour les Suisses de l’étranger de manifester le poids qu’ils représentent dans la balance politique. A Brunswick se sont donc réunis les représentants des différentes associations allemandes affiliées à l’Organisation des Suisses de l’Etranger (OSE), mais aussi, à leur appel, des parlementaires helvétiques représentant les quatre principaux partis: Filippo Lombardi (PDC, centre), Ernst Schibli (UDC, droite conservatrice), Walter Müller (PLR, droite) et Max Chopard (PS, gauche).

Le sénateur Filippo Lombardi, président du groupe parlementaire des Suisses de l’étranger et membre du Conseil des Suisses de l’étranger, a pu faire montre de sa connaissance du dossier. Il avait notamment déposé, il y a six ans, un postulat, afin qu’un rapport soit préparé par le Conseil fédéral à propos de l’importance de la diaspora helvétique sur les plans aussi bien politique, institutionnel qu’économique. Le rapport en question, finalisé, passera devant le parlement cet été.

Mais cette connaissance du sujet «5ème Suisse» n’était pas la même pour chacun… «Jusqu’à aujourd’hui, l’OSE n’avait pas de visage pour moi», a admis le socialiste Max Chopard. J’étais donc très intéressé à l’idée de venir à Brunswick. Et maintenant, l’OSE a un visage!»

Attitude guère différente de l’UDC Ernst Schibli, qui s’est dit «impressionné par l’événement», et a admis que «sur le plan de la politique extérieure, on devrait faire davantage pour les Suisses de l’étranger, afin qu’ils puissent se développer encore mieux dans leur pays d’accueil».

Il est important selon lui de ne pas démanteler les consulats en Europe, afin que les Suisses de l’étranger puissent garder un «point de référence» proche de leur lieu de domicile. Selon lui, «la priorité doit rester l’Europe, où se trouve la majorité des Suisses de l’étranger».

Pour le libéral Walter Müller, la communication entre la diaspora helvétique et la Suisse «doit être améliorée dans les deux sens». Et s’il découvre à l’occasion de la réunion de Brunswick la problématique de la répartition des ressources diplomatiques, il souhaite que les mauvais choix soient évités: si la Suisse doit effectivement se développer dans les zones émergentes d’Asie ou en Russie, «ce n’est pas une raison de se retirer d’Europe ou des Etats-Unis».

Rentrer… ou rester

A San Remo, le 72e Congrès de la Fédération des Groupements suisses en Italie a évoqué la problématique du retour en Suisse. «En cette période de crise économique, aggravée par les problèmes liés aux questions fiscales, de nombreux citoyens suisses choisissent de retourner ’chez eux’, croyant trouver le même pays ils ont quitté», a expliqué la présidente Irene Beutler Fauguel. «Ils sont alors souvent confrontés à des problèmes bureaucratiques – fiscalité, assurance - mais aussi à un choc culturel qui n’était pas prévu!»

Pour parer à de telles situations, ce 72e Congrès a largement évoqué cette question, mettant à disposition une documentation pratique à ceux qui souhaitent quitter l'Italie pour retourner en Suisse.

Rentrer, ou rester. De son côté, Jacques-Simon Eggly, président de l’OSE, a plutôt évoqué ceux qui choisissent de rester en Italie, et leur fonction d’ambassadeurs helvétiques. «Cette communauté a la tâche difficile de faire comprendre aux Italiens que la Suisse n'est pas seulement un pays où les banques cachent l'argent des impôts, mais aussi une nation qui est fondée sur les valeurs de la démocratie, du compromis, de la proximité entre l'Etat et les citoyens, et bien sûr de la paix», a-t-il dit.

La conférence tombe quelques jours après la rencontre de la Présidente suisse Doris Leuthard avec le Premier ministre italien Silvio Berlusconi. «Après les relations orageuses que nous avons connues l'an dernier, c'est dans un nouveau climat de dialogue que nos compatriotes peuvent expliquer ce qui se passe réellement en Suisse et pourquoi», poursuit Jacques-Simon Eggly.

La conférence de San Remo a également été l'occasion pour Irène Beutler-Fauguel, après un an de présidence, de constater dans ses rangs l’absence des jeunes Suisses, un problème récurrent dans de nombreux groupes suisses à l'étranger.

Pour tenter de remédier à cet état de fait, en Italie, on a décidé d’agir: «Nous voulons établir un sous-comité composé exclusivement de jeunes âgés de 20 à 40 ans, prêts à nous aider à comprendre quels sont réellement les intérêts en jeu et comment apprivoiser les nouvelles technologies, comme Facebook.»

Un projet sera mis en œuvre vraisemblablement d’ici l'automne, et accompagné par un site s'adressant uniquement aux personnes… de moins de 40 ans!

Peter Siegenthaler à Brunswick et Stefania Summermatter à San Remo, swissinfo.ch
(Traduction et adaptation: Bernard Léchot)

5ème Suisse

Hausse. A fin décembre 2009, 684'974 citoyens suisses vivaient à l’étranger. La progression annuelle se chiffre à 1,3%, soit 8798 personnes supplémentaires.

Tendance. Depuis 2000, la Cinquième Suisse a crû de plus de 15%.

UE. Six Suisses de l’étranger sur dix vivent au sein de l’Union européenne (409'849 personnes).

Dont 179'106 en France, 76'565 en Allemagne, 48'638 en Italie, 28'861 en Grande-Bretagne et 23'802 en Espagne.

Hors UE. En dehors du continent, les Suisses vivent surtout aux Etats-Unis (74'966), au Canada (38'866), en Australie (22'757), en Argentine (15'624), au Brésil (14'653), en Israël (14'251) et en Afrique du Sud (9035).

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Suisses d’Allemagne

En Allemagne vivent environ 75.500 Suisses. Ils sont 46'800 à être doubles-nationaux.

Près de 3000 d’entre eux sont organisés à travers 40 associations.

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Suisse d’Italie

En Italie se trouve la quatrième plus grande communauté suisse à l'étranger après la France, l'Allemagne et les États-Unis.

À la fin de l'année 2009, 48'638 ressortissants suisses étaient enregistrés dans les trois consulats suisses en Italie. Les deux-tiers vivent dans le nord.

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