La Convention sur les réfugiés a 50 ans? Pas de quoi faire la fête!

Vingt-deux millions de personnes sont sous la protection du HCR, à l'instar de ces femmes afghanes réfugiées au Pakistan. Keystone Archive

C'est le cri lancé par l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR) et par Amnesty International. A l'occasion du 50e anniversaire de la Convention de Genève sur les réfugiés, elles rappellent qu'il reste encore beaucoup à faire. Egalement en Suisse.

Ce contenu a été publié le 28 juillet 2001 - 10:45

La Convention de Genève sur les réfugiés a été conclue le 28 juillet 1951. «Ce n'est pas pour autant le moment de pavoiser», résume l'OSAR. Selon qui l'engagement actif de la société est nécessaire pour que ce texte ne demeure pas lettre morte.

Aux yeux de l'OSAR, les vingt-deux millions de réfugiés placés sous la protection du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) et les quelque vingt millions d'autres personnes persécutées de par le monde sont plutôt une invitation à la réflexion plutôt qu'à la célébration.

L'OSAR accorde une importance particulière à la protection juridique des réfugiés. Elle s'inquiète aussi de la situation en Suisse. Et en particulier de l'évolution récente du droit d'asile, en direction d'un durcissement.

Naturalisation facilitée

Du coup, l'OSAR réclame des améliorations. Elle exige notamment que les demandeurs d'asile en Suisse aient librement accès à une représentation juridique. Selon l'OSAR, des délais très courts, parfois limités à vingt-quatre heures, empêchent actuellement une protection juridique efficace. Et l'organisation de réclamer des délais minimaux de dix jours. Elle revendique également la naturalisation facilitée des étrangers après un séjour de cinq ans en Suisse.

«Cette convention n'est pas appliquée comme elle le devrait», surenchérit Daniel Bolomey, secrétaire général adjoint de la section suisse d'Amnesty international (AI).

Son organisation dénonce notamment l'arsenal de procédés mis en place par les Etats qui ignorent le principe essentiel de non-refoulement, énoncé en 1951: procédures restrictives, arrestations et renvois de force, amendes infligées aux compagnies aériennes qui transportent des sans papiers.

Impossible d'échapper à la torture

De nombreuses personnes sont privées de fait de la possibilité d'échapper à la torture ou à la mort qui les menacent, selon Amnesty. Et Daniel Bolomey de souligner que même des Etats qui ont défini les règles devant être appliquées aux réfugiés ne les respectent pas.

«Dans le cas de la Suisse, on est exactement dans cette situation-là, poursuit Daniel Bolomey. On est en train, de nouveau, d'engager une révision de la loi sur l'asile qui, en fait, vise à limiter le champs d'application de la Convention.»

L'OSAR profite tout de même de cet anniversaire pour rappeler tout ce que la population suisse a fait pour l'accueil des réfugiés. Et de citer notamment la solidarité avec les réfugiés de Hongrie et de Tchécoslovaquie, les frères Jacques et Henri Kuhn, qui ont permis à de nombreux Tibétains persécutés de se reconstruire une existence, ou encore les innombrables enfants suisses qui ont vidé leur tirelire pour aider les enfants du Kosovo.

L'organisation rappelle aussi que la Suisse a été, durant ces dernières décennies, une terre d'accueil pour de grands groupes de personnes qui ont dû fuir leur patrie.

swissinfo avec les agences

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