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La stratégie gagnante du Genève-Servette Hockey Club

Hugh Quennec fait les beaux jours du hockey genevois.

(Keystone)

En lutte contre Zurich pour le titre national, Genève Servette affiche de grandes ambitions. Il entend devenir un pôle sportif et économique d'envergure pour le canton et une nouvelle patinoire est en projet. Rencontre avec Hugh Quennec, président du club.

Déjouant les pronostics des spécialistes dès le début de la saison, Genève est devenue cette année un grand acteur sur la scène du hockey suisse.

Pour la première fois de leur histoire, les «Aigles» du Genève-Servette Hockey Club (GSHC) sont en mesure de décrocher le titre en affrontant les «Lions» de Zurich.

Un petit exploit pour un club qui figure parmi les parents pauvres de l'élite helvétique avec un budget d'environ 8,5 millions de francs, quasiment la moitié de celui du CP Berne, la plus grosse cylindrée du championnat.

Cette réussite ne doit rien au hasard. Elle est le résultat de la persévérance et du credo de ses deux actionnaires.

swissinfo: Genève-Servette est en finale, est-ce une surprise pour vous?

Hugh Quennec: En 2006, lorsque l'entraîneur Chris McSorley et moi avons repris les rênes du club, nous avons d'emblée affiché clairement nos ambitions sportives et économiques en mettant sur pied une structure professionnelle.

Chris prend les décisions concernant l'effectif ou la tactique de jeu, moi je m'occupe plus de l'aspect gestion. Nous travaillons sur le long terme pour développer à Genève un véritable engouement autour du hockey et du sport en général. Le canton vit une petite lune de miel avec son équipe. Partout on voit des maillots, des t-shirts ou des autocollants sur les voitures. De nombreuses personnes nous contactent pour nous féliciter. Aujourd'hui nous récoltons les fruits de notre travail.

swissinfo: c'est-à-dire?

H.Q.: L'accent a été mis sur la promotion du club et de la marque GSHC pour fidéliser le public et convaincre les entreprises. Pour cela, notre équipe administrative a été doublée depuis 2005, des commerciaux ont été engagés pour démarcher les sociétés locales et multinationales. Leur travail consiste à inviter les dirigeants à la patinoire des Vernets pour qu'ils découvrent ce sport et l'ambiance d'un match. Nous offrons un véritable spectacle pour casser l'image d'une patinoire froide et d'un jeu violent aux règles compliquées. Même les joueurs et l'entraîneur sont mis à contribution et ils doivent répondre présent aux sollicitations des annonceurs.

swissinfo: Votre système de management se base sur ce qui se fait en Amérique du Nord

H.Q.: Je préfère dire que nous nous préoccupons des supporters et de nos partenaires. Douze loges VIP ont été construites, un investissement de 500'000 francs payé par le club. Elles permettent aux entreprises de recevoir leurs employés ou leurs clients dans de bonnes conditions. Résultats, le GSHC compte aujourd'hui 150 partenaires, contre seulement 45 il y a deux ans, qui déboursent entre 3000 et 350'000 francs par an en fonction des liens qu'ils veulent établir avec nous: publicité dans la patinoire, sur le maillot, le casque, etc.

swissinfo: Le club est très présent dans des manifestations qui n'ont rien à voir avec le hockey. Pourquoi?

H.Q.: Nous devons élargir nos réseaux en multipliant les soirées, les animations et les offres familiales. De l'étudiant au banquier, nous visons tout le monde. Une Fondation a été créée fin 2006 pour venir en aide aux enfants ou personnes malades et défavorisées. Les Aigles sont aussi présents lors de nombreuses manifestations locales comme la populaire course de l'Escalade, le Polo Masters ou le SuperMotocross. Nous devons aussi attirer les expatriés employés à Genève qui suivaient le hockey dans leur pays, les femmes et les jeunes professionnels actifs dans le monde des affaires.

swissinfo: L'identité locale vous tient à cœur?

H.Q.: C'est essentiel. Notre objectif est de construire quelque chose de grand et de solide sur la durée à Genève. Le GSHC doit devenir une marque réputée et ce logo doit être fièrement porté. Le hockey doit faire partie du patrimoine d'une ville. Nous allons aussi ouvrir une Académie du sport pour soutenir les jeunes.

swissinfo: Au début des années 2000, le puissant groupe américain Anschutz s'est cassé les dents. Il a investi 22 millions sur cinq saisons, avant de quitter la patinoire des Vernets sans jamais avoir réussi à équilibrer les comptes. Et vous?

H.Q.: Les ventes de billets sont en progression de 7% depuis une année avec 3600 abonnés et nous devrions passer le cap des 4000 pour la prochaine saison. En moyenne, 5500 sièges ont été occupés cette année sur un total de 6800. Pour la première fois les comptes devraient se boucler sur un équilibre. Les bons résultats attirent non seulement les spectateurs, mais aussi les sponsors. C'est le seul moyen pour assurer une assise financière au club.

swissinfo: Une équipe de hockey sur glace peut donc être rentable?

H.Q.: En Suisse, beaucoup de clubs sont gérés comme des associations, avec un mécène fortuné qui bouche les trous à la fin de chaque saison. Moi je suis un homme d'affaires et j'estime qu'une société doit viser l'autofinancement sans le support perpétuel des actionnaires.

Nous voulons capitaliser sur cette crédibilité retrouvée. Mais pour assurer la pérennité du club sur le long terme, des recettes stables et diversifiées seront indispensables et pour cela une nouvelle patinoire devra remplacer les vétustes installations actuelles. L'enceinte des Vernets date de 1958.

swissinfo: Quels sont vos projets?

H.Q.: Notre concept est global. Nous voulons ancrer le hockey dans le patrimoine genevois et tutoyer les meilleures équipes européennes. La première équipe du GSHC doit servir de tête de pont pour bâtir un vaste projet qui comprend la construction d'une nouvelle patinoire moderne de 8500 places. Ce sera une salle modulable qui pourra servir pour des concerts, des manifestations sportives ou des congrès. Elle sera incluse dans un complexe avec clinique sportive, hôtel quatre étoiles et restaurants. Le projet devrait être finalisé cet été.

swissinfo: Et si les résultats sportifs et économiques ne suivent pas?

Notre action s'inscrit dans la durée. Nous sommes très ambitieux, mais aussi patient. Nous sommes dans un processus qui consiste à évoluer pas à pas. Développer un club, c'est un marathon, pas un sprint.

Interview swissinfo, Luigino Canal

DATES CLEFS DU HC GENÈVE-SERVETTE

1905 Le HC Genève-Servette est créé
1958 Construction de la patinoire des Vernets
1964 Accession pour la première fois en ligue nationale A
1975 Relégation en ligue B, puis en première ligue en 1980
2000 Rachat du club par le groupe américain Anschutz qui investira plus de 22 millions de francs dans le club durant 5 saisons.
2001 Arrivée de l'entraîneur Chris McSorley et promotion en ligue nationale A
2005 Reprise du club par l'entraîneur-manager-actionnaire majoritaire Chris McSorley
2006 Hugh Quennec entre dans le capital du club et prend la place de Président

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Deux Canadiens à Genève

Depuis 2006, Hugh Quennec et Chris McSorley contrôlent la totalité du capital du GSHC. Tous deux sont des passionnés et jouent dans l'équipe des vétérans du GSHC.

Né à Montréal en 1965 Hugh Quennec a débarqué à Genève en 1994 comme expert-comptable. Il est triple national : Suisse, Français et Canadien.

En 1998, il lance Continental Capital Markets sa société de courtage. Il dirige aussi BL-Gestassur, spécialisée dans l'assurance pour les milieux financiers. Il a soumis une demande de concession pour Léman Local Radio. Une radio locale en anglais.

A 46 ans, Chris McSorley, est un personnage atypique sur les patinoires helvétiques. Né en Ontario, il est l'omnipotent entraîneur de l'équipe depuis avril 2001. Le Canadien s'est taillé une réputation d'homme à poigne.

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