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Le lobby nucléaire veut reprendre le transport de ses déchets radioactifs

Le centre britannique de retraitement nucléaire de Sellafield .

(Keystone)

La Suisse vient d'effectuer un contrôle du centre britannique de retraitement nucléaire de Sellafield. Le lobby nucléaire helvétique souhaite en effet reprendre, comme l'Allemagne et les Pays-Bas, le transport de ses déchets radioactifs. Un transport qui avait été interrompu pour des raisons de sécurité.

Deux inspecteurs de la Division principale de la sécurité des installations nucléaires ont achevé, vendredi, une inspection de deux jours à Sellafield. Leur mission: vérifier si l'entreprise British Nuclear Fuels (BNFL), chargée de gérer l'usine de retraitement de plutonium, remplit bien les conditions de sécurité, fixées par l'organe de contrôle britannique.

Cette vérification fait suite à la requête du lobby nucléaire suisse, impatiente de reprendre le transport de ses déchets nucléaire à destination de Sellafield. «Dans un rapport intermédiaire, l'organe de contrôle de l'usine fait état de sérieux progrès dans son mode de fonctionnement», explique Hans Fuchs, gérant de la centrale nucléaire de Gösgen. Nous avons donc demandé à la Division principale de la sécurité des installations nucléaires (DSN) s'il était possible de reprendre notre collaboration avec Sellafield».

C'est que cette usine s'était retrouvée dans la tourmente, le printemps dernier. Emanation en mer, rapports de contrôle délibérément falsifiés et sabotages sont au nombre des accusations qui ont été portées contre ce centre de retraitement nucléaire.

Résultat: la Suisse, comme de nombreux autre pays, a alors décidé de suspendre momentanément ses transports de matériaux irradiés vers son unité de retraitement.

Aujourd'hui, les experts suisses sont notamment chargés de s'assurer du bon fonctionnement du système de sécurité de l'usine. «La visite des installations de Sellafield sera suivie d'une sérieuse analyse du dossier», souligne Anton Treier, chargé de l'information à la DSN. «L'entreprise doit remplir les conditions fixées par l'organe de contrôle britannique, avant qu'une reprise des livraisons suisses ne soit envisagée».

La décision pourrait tomber dans le courant du mois de mai. Et le feu vert de la Division principale de la sécurité des installations nucléaires ne serait pas une véritable surprise. En effet, la Suisse ne ferait qu'emboîter le pas à l'Allemagne et aux Pays-Bas, deux pays qui ont déjà repris leurs activités avec Sellafield.

C'est peu dire si le lobby suisse du nucléaire attend avec impatience le verdict de la DSN. «Les centrales nucléaires suisses ont des contacts qui déterminent le nombre de transports à destination de l'usine de Sellafield, précise Hans Fuchs. Jusqu'à présent, elles n'ont pas honoré leurs engagements».

Le problème, à en croire les professionnels du nucléaire, c'est que les centrales helvétiques devront passer à la caisse même si elles ne fournissent pas le combustible initialement prévu par les contrats.

Faux répond Geenpeace. «Au vu des manquements de Sellafield aux principes de sécurité les plus élémentaires, ces conventions pourraient être facilement dénoncées, affirme Clément Tolusso, le porte-parole de l'organisation écologiste. Dans cette affaire, c'est surtout la volonté politique qui fait défaut».

D'ailleurs, pour Greenpeace, la question fondamentale n'est pas de savoir si la Suisse doit, oui ou non, continuer de retraiter son combustible usé à Sellafield. «Il faut tout simplement cesser toute production de déchets radioactifs et, par conséquent, toute exploitation nucléaire, déclare Clément Tolusso. Les risques sont trop importants».

Un avis apparemment partagé par le gouvernement. En effet, dans le cade de la révision de la loi sur l'énergie nucléaire, le Conseil fédéral a proposé d'interdire le retraitement des combustibles à l'étranger. Le texte devrait passer devant le parlement dans le courant de cette année.

Vanda Janka


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