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Le ministre colombien des affaires étrangères en visite à Berne

La présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey et le ministre colombien des affaires étrangères Fernando Araujo.

(Keystone)

L’ancien otage des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et actuel ministre des affaires étrangères Fernando Araujo a été reçu par la présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey.

Le chef de la diplomatie colombienne a salué le rôle de médiateur de la Suisse dans son pays. Il a dans le même temps rejeté l’idée que le conflit puisse être assimilé à une guerre civile.

Fernando Araujo a souligné le caractère terroriste de la guérilla marxiste, faisant un parallèle entre ses actions et les attentats de 2001 aux Etats-Unis.

Les Forces Armées révolutionnaires de Colombie (FARC), qui tirent leur financement du trafic de drogue, n'ont aucun appui dans la population civile, a affirmé le ministre après avoir rencontré la présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey.

Interrogé sur ses souvenirs du 11 septembre 2001, époque où il était aux mains des FARC, Fernando Araujo a expliqué que ses geôliers s'étaient réjouis de l'annonce des attaques à New York et Washington.

Le ministre, qui prône la fermeté contre les FARC, a néanmoins salué la médiation de la Suisse en Colombie, «qui se poursuivra dans la discrétion». Il a dans le même temps vigoureusement rejeté la vision selon laquelle son pays fait face à une guerre civile.

Attitude suisse trop bienveillante

La Suisse, qui considère les guérilleros marxistes comme une «partie à un conflit interne», s'est attiré les critiques des autorités colombiennes. Elles jugent cette attitude trop bienveillante. Bogota a également régulièrement reproché à Berne de tolérer sur son sol la présence de responsables de la guérilla.

Sur la question des FARC, les divergences demeurent entre Berne et Bogota, a confirmé une source diplomatique colombienne.

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a réaffirmé son soutien aux efforts de paix en Colombie. «La Suisse a toujours condamné la prise d'otages comme grave violation du droit international humanitaire», a-t-il souligné dans communiqué publié mardi.

L'accord humanitaire pour la libération des otages, que la Suisse cherche à obtenir en coopération avec l'Espagne et la France, «constituerait un premier pas en direction d'un véritable processus de paix», selon le texte.

Plusieurs accords

Interrogé sur les chances de succès de la médiation proposée récemment par le président vénézuélien Hugo Chavez, Fernando Araujo a déclaré «qu'il n'avait pas de boule de cristal». Il a souligné que les autorités colombiennes allaient offrir tout leur appui à cette initiative.

Au-delà des frictions sur la question des FARC, la Suisse et la Colombie ont manifesté mardi leur volonté de resserrer leurs liens, notamment sur le plan économique.

Plusieurs accords sont en cours de concrétisation, par exemple sur la protection des investissements, pour éviter la double imposition, ou encore en vue d'un accord de libre-échange avec l'AELE, dont la Suisse fait partie.

Enlevé le 4 décembre 2000, Fernando Araujo a réussi à s'échapper le 31 décembre dernier, à la faveur d'une attaque d'hélicoptères de l'armée contre le camp où il était détenu.

Il a erré durant cinq jours dans la jungle avant d'être secouru. Moins de deux mois plus tard, il était nommé à la tête de la diplomatie colombienne.

swissinfo et les agences

FARC

La guérilla FARC colombienne (Forces Armées révolutionnaires de Colombie) refuse la dénomination de «groupe terroriste» dont l’affuble le gouvernement de Bogota. Elle revendique l’appellation de «force de guerre». En Suisse, les FARC sont considérées comme une «partie au conflit».

La Suisse, la France et l’Espagne multiplient les efforts de médiation depuis fin 2005. Le but est de parvenir à la libération des otages et des prisonniers retenus dans chaque camp ainsi qu’à un règlement pacifique du conflit.

La Suisse est critiquée par le gouvernement colombien pour son attitude «trop bienveillante» par rapport au FARC ainsi que pour tolérer la présence de membres de la guérilla sur son territoire. Des affirmations démenties par Berne.

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