Le SRAS fait vaciller les compagnies aériennes

Une employée de l'aéroport de Zurich remet une feuille d'information sur le SRAS à un passager en provenance de Pékin. Keystone

L'Association internationale du transport aérien estime que les pertes engendrées par l'épidémie de pneumonie atypique (SRAS) coûteront 13,5 milliards de francs.

Ce contenu a été publié le 05 mai 2003 - 20:32

La direction de Swiss ne fait aucun commentaire sur une éventuelle fusion avec Lufthansa.

Les compagnies aériennes risquent de payer cher la crise liée à la pneumonie atypique. Et les restructurations annoncées sur un rythme quasiment hebdomadaire par la compagnie aérienne Swiss n'en sont qu'une illustration.

Lundi, à l'occasion d'une réunion de l'Association internationale du transport aérien (IATA), les représentants des principaux transporteurs estiment à 13,5 milliards de francs les dommages causés en 2003 sur leur secteur par la seule épidémie de pneumonie atypique.

«L'industrie du transport aérien vit des moments parmi les plus difficiles qu'ait connus l'aviation civile», a indiqué Giovanni Bisignani, directeur de l'IATA.

S'ajoutant à la baisse des réservations constatée à Noël «dans l'expectative du conflit en Irak», puis à la guerre elle-même, le développement du SRAS est un nouveau coup dur.

«Nous pouvons pourtant affirmer que voyager en avion reste un moyen tout à fait sûr», a affirmé Giovanni Bisignani.

Un filtrage efficace

Depuis début avril, seuls cinq cas potentiels de SRAS ont été recensés sur six vols alors que les compagnies aériennes ont transporté quelque 200 millions de passagers depuis début mars.

Par ailleurs, l'IATA relève qu'aucun cas de contamination en vol n'a été constaté. L'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui travaille en étroite collaboration avec l'Association, estime pour sa part que ce risque de transmission demeure «très faible».

L'air qui circule dans les avions a une propreté reconnue à 99,98% selon les normes HEPA (High Efficiency Particulate Air). «C'est l'équivalent de l'air diffusé dans les salles de soins intensifs d'un hôpital», a encore précisé Giovanni Bisignani.

Réunis à Bangkok fin avril, les ministres de la Santé de l'Association du pays du sud-est asiatique (ASEAN) puis leurs chefs de gouvernements, se sont accordés pour aller vers une standardisation des procédures à mettre en place afin d'enrayer la diffusion de l'épidémie. Mais des mesures concrètes restent encore à appliquer.

Chute du trafic

Les chiffres enregistrés par l'IATA en Asie sont révélateurs de la crise. En quelques semaines, le trafic a chuté de 60% vers Hong Kong et 40% des vols vers cette destination ont été annulés.

Les vols vers Singapour et Séoul ont reculé de 40%, tandis que ceux à destination de Bangkok et de Kuala Lumpur ont, respectivement, diminué de 37% et de 36%.

Selon une étude de l'IATA, la moitié des hommes d'affaires ont ajourné leur voyage dans les pays affectés par le SRAS.

Quelque 20% d'entre eux ont bel et bien annulé leurs déplacements, et enfin 10 à 20% ont tout de même réalisé leurs missions mais en choisissant des routes alternatives.

Mesures dans les aéroports

Depuis quelques semaines, les compagnies aériennes ont, quant à elles, multiplié les actions en annulant des vols, en réduisant leurs coûts et leurs équipes tout en laissant de nombreux avions au sol.

En même temps, les aéroports concernés par la pneumonie atypique ont revu leurs prix à la baisse. Ainsi, depuis le 1er mai, Singapour a baissé ses redevances d'usage de 45% et de 20% le prix des locaux loués.

En Malaisie, les redevances d'usage ont reculé de 50%, la Thaïlande table sur une baisse de 10% à 20%, Taipei de 15% sur les vols internationaux et de 50% sur les vols intérieurs. Des mesures sont attendues en Indonésie (-20%) et aux Philippines (-15%) cette semaine.

Des réductions dont les effets ne semblent pas avoir eu beaucoup d'impact. Après avoir annoncé la création de Swiss Express, filiale de Swiss qui assumera les liaisons régionales de la compagnie, Swiss est plus que jamais à la recherche de nouvelles solutions.

Pieter Bouw, président du conseil d'administration de Swiss, s'est pour l'heure refusé à tout commentaire portant sur les négociations qui se seraient déroulées la semaine dernière entre les dirigeants de Swiss et la compagnie allemande Lufthansa.

swissinfo et les agences

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