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Les dirigeants de Sulzer sauvent leur peau

Le président de Sulzer, Leonardo Vannotti, ici lors de l'assemblée générale des actionnaires, conserve son poste.

(Keystone)

Le groupe suisse jouait une bonne partie de son avenir, jeudi, lors de son assemblée générale. Les actionnaires ont renouvelé leur confiance au conseil d'administration et tourné le dos au financier René Braginsky. Ils ont également accepté de rendre Sulzer Medica indépendante.

Le suspense a duré plusieurs heures, à Winterthur. Les actionnaires de Sulzer allaient-ils se révolter et révoquer leur conseil d'administration? C'est ce que demandait InCentive, la société financière de René Braginsky, gros actionnaire et auteur d'une offre publique d'achat hostile de Sulzer.

InCentive voulait placer sa propre équipe aux commandes, mais elle n'y est pas parvenue. Et le conseil d'administration de Sulzer, présidé par Leonardo Vannotti, reste en place. Il est toutefois remanié et amaigri, avec le départ de cinq administrateurs et l'arrivée d'un seul nouveau, l'Américain Louis Hughes.

Autre cuisante défaite pour René Braginsky: il n'a pas réussi à lever la limite des 5% qui restreint le poids des gros actionnaires. Une réforme proposée au nom d'une certaine idée de la démocratie actionnariale, mais qui n'a de loin pas rassemblé les deux tiers des voix nécessaires à la modification des statuts de Sulzer.

Le conseil d'administration a donc remporté une bataille. Mais il n'a pas encore gagné la guerre. Certes, InCentive avait fait de l'acceptation de ses propositions une condition à son OPA, qui court depuis lundi. Mais elle pourrait aussi maintenir son offre.

René Braginsky a déclaré jeudi, à l'issue de l'assemblée générale, qu'aucune décision n'avait encore été prise. Le conseil d'administration d'InCentive doit trancher dans les jours à venir. Le bras de fer pourrait donc se poursuivre.

Les deux adversaires, les responsables de Sulzer et InCentive, proposaient par contre la même recette à propos de Sulzer Medica: la scission. Les actionnaires ont plébiscité l'idée. La société, spécialiste des technologies médicales, va donc prendre son indépendance. Conséquence pour les actionnaires: ils recevront pour chaque action Sulzer deux actions de Sulzer Medica.

Que restera t-il donc de Sulzer? Et bien les activités industrielles du groupe. Mais elles sont en train - et vont continuer - d'être restructurées. Le but est de se concentrer sur un nombre limité d'activités (les turbines, les pompes, les technologies chimiques et les piles à combustible) et de se débarrasser du reste (machines pour l'industrie textile, ingénierie, techniques pour le bâtiment, compresseurs).

Le nouveau Sulzer sera donc bien différent du prestigieux conglomérat industriel de jadis. La taille du groupe devrait en effet, selon les plans de ses dirigeants, fondre de plus de la moitié, en termes de chiffre d'affaires. D'une manière ou d'une autre, donc, c'est un symbole de l'histoire industrielle suisse qui s'évanouit peu à peu.

Pierre Gobet, Winterthur


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