Les syndicats alémaniques de Swissair pour la modération

A Genève, le personnel a décidé de mener une action ce samedi à Cointrin. swissinfo.ch

Contrairement aux Genevois, ils renoncent pour l'instant à monter aux barricades. Donc pas d'action spectaculaire à Zurich.

Ce contenu a été publié le 20 décembre 2001 - 21:54

«Perturber le trafic aérien durant la période de Noël risquerait d'irriter l'opinion publique», a déclaré le président de la section du transport aérien au Syndicat suisse des services publics (SSP) Daniel Vischer devant le personnel au sol réuni à Glattbrugg (ZH).

Il est en outre douteux que les employés se mobilisent en suffisance, a-t-il ajouté en lançant un regard sur l'assistance clairsemée. Pas plus de 80 à 100 personnes ont pris part en tout aux deux assemblées de jeudi. Les employés ont finalement suivi l'appel syndical à la modération.

A moitié rassurés

Le SSP, la Société suisse des employés de commerce (SSEC) et PUSH (Personal Union Swissair Holding) ne sont que partiellement rassurés par le feu vert donné mercredi par le Conseil d'administration de Crossair à la «solution 26/26».

Les organisations ont regretté les conditions posées par les administrateurs, en particulier l'approbation par le peuple zurichois le 13 janvier de la participation du canton à hauteur de 300 millions de francs au capital de la nouvelle Crossair. «Prépare-t-on déjà une porte de sortie?», s'est inquiété Daniel Vischer.

Non au dumping

Le SSP déplore aussi la condition relative au maintien de la structure des coûts et des dépenses de personnel. Il dénonce la volonté de Crossair de réduire de 20 à 30% le traitement (salaire et prestations sociales combinés) du personnel au sol repris de Swissair.

Une rencontre est prévue vendredi entre Crossair et les syndicats. Ils réitéreront leurs exigences en faveur d'un contrat collectif de travail (CCT) pour le personnel au sol. Ils n'accepteront pas les contrats individuels, «même pas pour la période de transition» jusqu'à fin mars 2002.

Plainte déposée

Le syndicat PUSH a d'ailleurs mis à exécution sa menace de plainte. Il l'a déposée jeudi après-midi à Genève devant la Chambre des relations collectives de travail, a indiqué le vice-président de PUSH. Le syndicat invoque l'article 333 du Code des obligations, qui prévoit le respect des dispositions contractuelles en cas de reprise d'une société.

Concernant le plan social, les négociations se poursuivent, a relevé Daniel Vischer, soulignant que plusieurs étapes ont été franchies. Il fonde des espoirs dans le modèle «Incentive» en discussion au sein de la Task Force. Cette variante prévoit qu'une partie des recettes de Swissair, dépassant les 750 millions de francs, prévues pour l'hiver finance le plan social.

Pré-retraités mal lotis

Les perspectives pour les pré-retraités en revanche s'annoncent sombres. Considérés comme des créanciers de troisième classe, ils ont peu de chances de faire partie des bénéficiaires de la masse en liquidation, a regretté Daniel Vischer.

Les syndicats s'inquiètent également du maintien des emplois au sein des sociétés annexes. Quelque 300 employés de Swisscargo (fret) ne sont toujours pas fixés sur leur sort.

Action à Genève

A Genève, le SSP et PUSH ont confirmé jeudi vouloir mener une «action spectaculaire» samedi à Cointrin, comme ils l'avaient décidé mardi en assemblée générale.

«Nous avons battu le rappel et 200 salariés de Swissair sont prêts à venir à l'aéroport», a indiqué Rémy Pagani, secrétaire général romand du syndicat. «Nous prévoyons plusieurs actions surprises à partir de 09h45 et jusqu'à midi.»

Les syndicats genevois dénoncent le sort réservé aux salariés et aux pré-retraités. «Les forces vives qui ont des compétences en langues étrangères ou en gestion quittent l'entreprise et nous restons dans l'expectative face au projet 26/26.»

swissinfo avec les agences

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