Respirateurs artificiels: la Suisse n’envisage pas de restrictions à l’exportation

La secrétaire d'État à l'économie Marie-Gabrielle Ineichen Fleisch veut sécuriser plutôt que restreindre le commerce du matériel de protection contre le coronavirus. Keystone / Anthony Anex

La priorité de la plupart des pays est d’avoir suffisamment de respirateurs et de matériel de protection contre le Covid-19 pour leur propre population. En Allemagne, une autorisation est désormais nécessaire pour l'exportation de ces produits. La Suisse s'abstient toutefois de prendre de telles mesures. Elle s'est engagée à maintenir les frontières ouvertes pour les marchandises vitales.

Ce contenu a été publié le 18 mars 2020 - 18:22

La Suisse n’a pas l’intention d’arrêter ou de restreindre les exportations de respirateurs ou de matériel de protection contre le virus pour garantir l’approvisionnement intérieur. «De telles considérations n’ont pas cours dans notre pays», a déclaré Marie-Gabrielle Ineichen Fleisch, directrice du Secrétariat d'État à l'économie (SECO), lors d'une conférence de presse mardi après-midi.

Sécuriser le commerce plutôt que de l'arrêter

La Suisse est très dépendante de sa capacité à exporter et à importer. L'objectif des efforts du SECO est de garantir le bon fonctionnement du commerce et non de l'arrêter, a déclaré la secrétaire d'État à l’économie.

Le Gouvernement est conscient du problème et a mis en place une équipe chargée de surveiller les besoins de la Suisse, précise le porte-parole du SECO Fabian Maienfisch. Il souligne que le Conseil fédéral est en contact avec les entreprises de technologie médicale concernées. «La sécurité de l'approvisionnement de la population en Suisse est une priorité absolue», affirme-t-il. Pour y parvenir, le pays est toutefois tributaire des importations de marchandises vitales, notamment en provenance de l'espace européen.

Une «interdiction d'exportation» ne résoudrait ainsi pas le problème, explique le porte-parole du SECO. «En fin de compte, le gouvernement serait habilité à interdire les exportations, mais pour les raisons mentionnées ci-dessus, des contacts productifs ont lieu actuellement à tous les niveaux pour maintenir les frontières ouvertes et non pour les fermer.»

Contrôle des exportations en Allemagne

Actuellement, tous les gouvernements n'agissent pas avec autant de clairvoyance: au début du mois de mars, le gouvernement allemand a publié un décret qui soumet l'exportation d'équipements de protection et de dispositifs médicaux pour lutter contre le virus à une obligation de permis.

Le décret a même conduit l’Allemagne à stopper à Hambourg des produits en provenance de Chine, qui devaient être acheminés en Suisse. La cargaison n'a été débloquée qu'après l'intervention de la Suisse au plus haut niveau.

Le SECO a également dû «entrer en contact» avec les autorités roumaines, qui ont arrêté une livraison de composants en route vers la Suisse. La société suisse Hamilton Bonaduz AG, dans le canton des Grisons, a un besoin urgent de ces composants pour la production d'appareils respiratoires. «Le problème en Roumanie a été résolu grâce au SECO. Le premier camion est déjà arrivé en Suisse», confirme Andreas Wieland, le PDG de Hamilton.

Là où les besoins sont les plus importants

Le fait que la Suisse n'envisage aucune restriction à l'exportation de produits pour lutter contre le virus est un soulagement chez Hamilton. Les commandes de respirateurs fabriqués par l'entreprise de technologie médicale en Suisse et à l'étranger sont plusieurs fois supérieures à ce que l'entreprise peut produire. Hamilton augmente sa capacité de production autant que possible, a déclaré son directeur à swissinfo.ch.

Néanmoins, la société n'a pas pu honorer toutes les commandes. La priorité est donnée aux livraisons là où les besoins sont les plus importants, notamment en Italie.

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