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Affaire Tinner: des documents refont surface

L'affaire Tinner, du nom de la famille soupçonnée de trafic de technologie nucléaire, fait à nouveau parler d'elle. Mercredi, le ministère de Justice et Police annonce que des documents y relatifs ont refait surface et ont pu être examinés par des spécialistes de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

En décembre dernier, le Ministère public (Parquet) de la Confédération a constaté qu’il avait dans ses archives des copies de dossiers qui n’auraient plus dû être en sa possession après la décision du gouvernement du 14 novembre 2007 ordonnant la destruction de pièces à conviction.

En février dernier, le gouvernement a décidé de faire analyser et trier ces documents par l’AIEA. Ce qui s’est fait entre le 18 et le 20 mars. Cette procédure a permis d’identifier et de signaler les documents ayant trait à la prolifération de technologies nucléaires. L’AIEA fera part de ses recommandations concernant le traitement de ces dossiers.

En janvier dernier, la délégation des commissions de gestion du Parlement avaient sévèrement critiqué la destruction de documents ordonnée en son temps par le gouvernement.

Mardi, la même délégation a rencontré le président de la Confédération Hans-Rudolf Merz et la ministre de Justice et Police Eveline Widmer-Schlumpf, et s’est dite «favorable à informer rapidement le public de la situation».

Pour la délégation, la totalité des documents découverts doit être versée immédiatement au dossier pénal, tout en garantissant parallèlement leur confidentialité et leur sécurité.

Les frères Tinner et leur père Friedrich sont soupçonnés d’avoir livré à la Libye des éléments destinés à la fabrication de centrifugeuses à gaz visant à produire de l’uranium enrichi, ceci dans le cadre d’un réseau international d’acquisition de technologie nucléaire dirigé par le père de la bombe atomique pakistanaise Abdul Kader Kahn.

Ils ont été libérés sous caution après plusieurs années de détention provisoire. L’enquête menée par le juge d’instruction fédéral se poursuit. Elle porte sur une éventuelle violation des lois sur l’exportation de matériel de guerre et le contrôle des marchandises, ainsi que sur le blanchiment d’argent.

swissinfo et les agences

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