Les seniors rejettent la contribution de solidarité
Le Conseil suisse des aînés, qui regroupe plus de 50 organisations de retraités, monte au créneau contre l'image de seniors qui seraient mieux lotis que les actifs. Il s'est inquiété vendredi de l'idée d'une contribution de solidarité évoquée dans une étude présentée il y a un an par les services du ministre de l'Intérieur.
L’étude en question montrait que la précarité menace surtout les jeunes, à commencer par les femmes seules avec enfants et les familles nombreuses. Les 55-64 ans s’en sortent le mieux financièrement dans l’ensemble.
Aux yeux du Conseil suisse des aînés (CAS), ces résultats ont été surinterprétés. Selon l’analyse du document par un groupe de travail interne, la part des personnes avec peu de moyens financiers est quasi identique chez les retraités et les actifs. Idem pour les personnes aisées. Les proportions n’ont guère changé ces dernières décennies.
Par conséquent, «les solidarités existantes sont suffisantes et rendent une contribution de solidarité supplémentaire de la part des seniors superflue», estime le CAS.
«Il faut certes une redistribution entre riches et pauvres, mais cette redistribution doit être indépendante de l’âge et du fait de travailler ou d’être à la retraite», lance Gérard Heimberg, président du groupe de travail.
Auteur d’une étude à l’Université de St-Gall, Walter Rehberg assure que le 3e âge participe «de manière considérable» à la société par ses impôts et l’aide qu’il apporte aux familles.
Ce dernier souligne l’érosion du pouvoir d’achat du 3e âge en raison de l’absence d’adaptation automatique des versements de vieillesse au renchérissement.
Pour améliorer la situation financière des plus jeunes, mieux vaut donc selon le CAS des mesures soutenant l’emploi des femmes, des jeunes et des seniors.
swissinfo et les agences
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