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Copenhague plus 5 = Genève 2000

C'est la salle des assemblées du Palais des Nations qui accueillera la session spéciale de l'ONU. Keystone

En 1995, Copenhague avait hébergé un immense sommet. La quasi totalité des pays de la planète y avaient participé. Tous s´y étaient engagés à lutter contre la pauvreté, le chômage et l´exclusion. Cinq ans plus tard, à Genève, l´heure est aux bilans.

Dans les années quatre-vingt-dix, l’ONU a organisé pas moins de douze conférences mondiales, du Sommet pour les enfants au Sommet de l’alimentation. Qu’en reste-t-il ? Pour se donner les moyens de répondre à cette question, l’Assemblée générale des Nations unies a imaginé de consacrer quelques sessions extraordinaires à vérifier le bien-fondé des grandes options prises dans ces happenings politiques et à mesurer l’application des changements annoncés.

C’est ainsi qu’en juin 1997, cinq ans après Rio, fut organisé à New York le Sommet Planète Terre 5. Mais sachez qu’au siège du Programme des Nations unies pour l’environnement, on pense déjà à l’organisation d’un Rio 10. Au début de ce mois-ci, à New York, l’ONU faisait les comptes de Pékin 5, autrement dit des progrès et des reculs de la condition féminine. C’est au tour de Genève maintenant de mêler son nom à cette série de check-up onusiens en organisant le suivi du Sommet de Copenhague pour le développement social.

En 1995, au Danemark, une bonne centaine de chefs d’État avaient pris la résolution, en dix points, de tout faire pour éliminer la pauvreté. Il s’agit là, disaient-ils, d’un «impératif éthique, social, politique et économique». Le grand rendez-vous manqué de l’OMC, à Seattle à la fin de l’année dernière, est venu leur rappeler, de manière spectaculaire, qu’ils avaient des promesses à tenir et qu’ils ne semblaient pas en prendre le chemin. Bien au contraire. A regarder le monde de plus près, on voit que l’écart entre les riches et les pauvres s’accroît, de même que l’insécurité vis-à-vis de l’emploi. Les filets de protection sociale s’amenuisent. Idem pour l’offre des services publics de base.

Bref, des obstacles, anciens ou nouveaux, se dressent plus que jamais sur la route du développement social. Et les objectifs déclamés il y a cinq ans n’en paraissent que plus éloignés. Au moment d’annoncer le rendez-vous de Genève, les pays membres de l’ONU ont convenu d’un commun accord qu’ils n’allaient pas remettre en question le fond de leurs engagements. Mais négociations il y aura tout de même quant à la manière de traduire tout cela dans des actes visibles et efficaces.

Le cœur y est-il encore? On peut en douter. La majorité des grands de ce monde qui avaient fait le déplacement de Copenhague pour y dire leurs bonnes intentions ou soigner leur image ne seront pas à Genève. Ce genre de rendez-vous est sorti de leurs priorités. Quant aux plus pauvres, ils semblent perdre patience. Ils n’ont pas obtenu les ressources qu’ils espéraient pour aller de l’avant. Des marchés leur restent fermés. Les remboursements de dettes sont toujours aussi lourds. Dans ces conditions, comment lutter contre la pauvreté?

Un projet de Déclaration de Genève est sur la table. Mais les pays en développement ne sont pas prêts à signer un texte bourré certes de bonnes intentions mais dépourvu d’un minimum d’engagements solides et concrets en matière de coopération internationale et d’appui financier. Au Palais des Nations, où l’Assemblée générale de l’ONU va prendre ses quartiers pour une semaine, les discussions de coulisses s’annoncent plutôt serrées.

Bernard Weissbrodt

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