En Inde, l’espoir de retrouver des survivants est quasi nul
Première équipe étrangère arrivée sur les lieux de la catastrophe, le Corps suisse d'aide en cas de catastrophe(ACS) a réussi à sauver au moins huit personnes des décombres. Les secouristes suisses comptent abandonner leur recherche mercredi.
L’espoir de retrouver des survivants parmi les dizaines de milliers de victimes du tremblement de terre qui a principalement ravagé l’Etat du Gujarat était quasi nul quatre jours après le drame. L’ampleur de la catastrophe, elle, ne fait que croître.
Le ministre indien de la Défense George Fernandes a même avancé le chiffre de 100 000 morts. Présente sur place, Michèle Mercier, porte-parole de l’ASC, estime toutefois qu’il est beaucoup trop tôt pour donner un bilan chiffré: «Mais il s’agit en tous cas d’une catastrophe majeure».
Les 52 secouristes suisses et leurs 9 chiens devraient donc regagner leur pays jeudi, après d’ultimes recherches. «Le nombre de personnes sauvées ne reflète pas vraiment la nature du travail effectué, précise Michèle Mercier, les opérations de sauvetage sont en effet très compliquées et dangereuses. Il a fallu par exemple plus de 13 heures pour sortir vivante une seule personne».
Le Premier ministre indien Atal Behari Vajpayee a d’ailleurs tenu à féliciter l’équipe suisse pour son professionnalisme et la rapidité de son intervention.
Après cette première phase d’intervention qui a également mobilisé des équipes venues de Turquie, du Japon, de Grande-Bretagne ou de Russie, l’heure est maintenant venue de venir en aide aux survivants, soit au moins 300 000 personnes.
Une partie de l’équipe suisse va donc rester sur place. Elle sera rejointe vendredi par un expert dépêché par la coopération helvétique. A l’instar des autres équipes étrangères et des autorités indiennes, les Suisses vont tenter d’évaluer les besoins de la population sinistrée.
Les questions de logement et d’approvisionnement en eau seront tout particulièrement étudiées. De leur coté, les autorités indiennes envisagent une collaboration à plus long terme avec la Suisse, afin d’être mieux préparée à ce type de catastrophe.
Pour son intervention, la Suisse pourra compter sur le réseau de partenaires indiens qu’elle a constitué depuis les années 60. L’Inde est en effet un pays de concentration de la coopération au développement helvétique. En tous les cas, Berne devrait consentir une augmentation de son aide d’urgence qui s’élève déjà à un demi-million de francs.
La Suisse devrait également répondre à l’appel de 25,6 millions de francs lancé par la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Cette somme devrait permettre de venir en aide à 300 000 personnes durant quatre mois.
Sans attendre, la Fédération a mis en place mardi un pont aérien de sept avions-cargo qui ont commencé à décharger des tonnes de matériel dans la ville de Bhuj, proche de l’épicentre du séisme.
De son coté, l’UNICEF a annoncé une assistance immédiate d’au moins huit millions de dollars. Une somme qui s’ajoute aux cinq millions de dollars d’aide fournie par les Etats-Unis et au douze millions de dollars débloqués par la Grande-Bretagne.
Frédéric Burnand
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