Les cantons également aux urnes
Plusieurs cantons se sont également prononcés dimanche sur les objets locaux. Plusieurs, comme le vote sur l'avenir de la centrale nucléaire de Mühleberg, avaient une portée nationale. Tour d'horizon.
Les Vaudois ont nettement refusé, par 64,35%, le prolongement illimité de l’exploitation de la centrale nucléaire de Mühleberg, dans le canton de Berne. Ce résultat n’est pas contraignant, mais montre que la population reste hostile à l’énergie nucléaire.
Les Vaudois devaient dire s’ils étaient d’accord que l’activité de cette centrale, bientôt atteinte par la limite d’âge, se poursuive. Mais ce vote n’avait qu’une valeur consultative. En effet, le Ministère de l’énergie est seul compétent pour décider. Il le fera avant la fin de l’année.
A part Vaud, deux des autres cantons consultés, Fribourg et Neuchâtel, ainsi que la ville de Berne, s’étaient déjà prononcés contre la prolongation illimitée de l’exploitation de Mühleberg. Les cantons de Soleure et de Berne s’y sont en revanche montrés favorables.
Les cinq réacteurs suisses arrivent progressivement en fin de vie et la question est de savoir s’il faudra ou non les remplacer. Les partisans du nucléaire soutiennent que la Suisse n’a pas les capacités de se priver de l’électricité d’origine nucléaire. Les opposants restent hostiles à cette solution en raison des risques inhérents au nucléaire et de la problématique des déchets.
Neuchâtel ne fera pas œuvre de pionner
Les Neuchâtelois ont refusé dimanche de faire œuvre de pionniers en matière d’énergie. Ils ont rejeté à une nette majorité de 64,8% des voix la nouvelle loi dans ce domaine. Le vote avait là aussi valeur de test national en regard de l’adoption d’une politique dirigiste.
La majorité des votants a refusé apparemment la perspective de hausse des loyers et des coûts de la construction, promise par les opposants à la loi.
Le texte rejeté tentait de faire œuvre de pionnier en Suisse en matière de politique énergétique. La loi rendait en effet obligatoire l’installation de cellules solaires thermiques ou photovoltaïques sur les nouveaux bâtiments, en sorte de couvrir au moins en partie les besoins en eau chaude sanitaire et chauffage.
Elle imposait aussi le raccordement des habitations aux réseaux de chauffage à distance, pour autant que ce soit possible. La nouvelle loi prévoyait en outre l’établissement d’un certificat énergétique pour les bâtiments déjà construits. Le document devait servir de référence pour les travaux d’assainissement à entreprendre.
Le réseau urbain genevois s’améliore
En discussion depuis plus d’un siècle, le Réseau régional express (RER) genevois va enfin voir le jour. Les citoyens ont en effet accepté le financement complémentaire de 113 millions destiné à la construction du CEVA et contesté par référendum.
La ligne ferroviaire reliant la gare Cornavin à Annemasse (France) en passant par les Eaux-Vives (CEVA) est considérée comme la colonne vertébrale de l’agglomération. Améliorant la mobilité, elle raccordera dès 2016 les réseaux ferroviaires suisses et français, desservant un bassin de population de 900’000 voire d’un million d’habitants.
Reconnaissant son importance régionale, la Confédération paiera 57% de la facture globale, les 43% restant revenant au canton de Genève. L’ouvrage est estimé à 1,6 milliard de francs. La rallonge de 113 millions de francs, destinée à lutter contre les vibrations et le bruit RER, avait été approuvée par le parlement genevois en juin dernier.
Pas de vote à 16 ans
Berne ne sera pas le 2e canton à introduire le droit de vote à 16 ans après celui de Glaris. Les citoyens ont rejeté par 75% des voix une modification de la constitution pour abaisser l’âge de la majorité politique.
Les jeunes dès 16 ans ne pourront donc pas participer aux votations et aux élections communales et cantonales. Le résultat du scrutin constitue un revers pour le gouvernement à majorité rose-verte et les partis de gauche qui s’étaient engagés en faveur de ce projet.
Ce refus du canton de Berne n’est pas un cas isolé. En février, Bâle-Ville avait déjà nettement refusé d’accorder ce privilège aux jeunes, imité en mai par Uri.
Pas de nouveau privilège pour les riches
Les Obwaldiens ont enterré quant à eux le projet de zones d’habitations réservées aux riches propriétaires, qui avait suscité la polémique au printemps. En refusant à 62,34% ce nouvel instrument visant à attirer des contribuables aisés, ils mettent un frein à la stratégie de leur gouvernement.
Les citoyens du canton ont largement suivi l’avis de la gauche. Opposés à cette modification de la loi sur les constructions, les Verts avaient déposé un référendum. Soutenus par le Parti socialiste, ils voyaient dans les zones réservées aux habitants riches une inégalité de traitement inacceptable.
Avec ce vote, les Obwaldiens ont contesté pour la première fois la stratégie de leur gouvernement visant à attirer des contribuables aisés. En décembre 2007, ils avaient plébiscité à 90% l’impôt à taux
unique, la «flat rate tax». Ce mode d’imposition avait succédé à l’impôt dégressif, jugé contraire à la Constitution par le Tribunal fédéral.
Les lits restent froids
Enfin, les Valaisans ont balayé la loi cantonale sur le tourisme. Au terme d’une campagne particulièrement acharnée, ils ont sanctionné une législation aux conséquences financières incertaines pour les propriétaires de résidences secondaires.
Le gouvernement valaisan voyait cette loi comme un outil efficace pour lutter contre les «lits froids». Un des éléments centraux était le remplacement de la taxe de séjour par une taxe d’hébergement basée sur la surface des résidences secondaires, plus incitative à la mise en location de logements peu occupés.
Or c’est justement cette taxe qui a fait capoter la loi. Les opposants ont martelé durant la campagne que les propriétaires de résidences secondaires et de mayens seraient bien plus lourdement taxés qu’avec l’actuelle taxe de séjour.
swisinfo.ch et les agences
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