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Les radicaux se joignent à la pluie de critiques contre Armée XXI

swissinfo.ch

Les radicaux veulent un système de milice fort. Jeudi à Berne, ils ont demandé que le plan directeur de l'armée XXI soit «entièrement retravaillé». Ils se joignent aux nombreuses critiques déjà adressées à la Confédération, dans le cadre de la procédure de consultation.

Les radicaux veulent une armée de milice forte, et plus attractive. Au contraire du Conseil fédéral, qui propose de diminuer les effectifs de 360 000 à 220 000 hommes, et d’augmenter le nombre de professionnels de 5000 à 7000 hommes.

Toujours selon le PRD, les militaires professionnels ne doivent être engagés que lorsque les forces de milice ne suffisent pas. Et le service long, une des innovations proposées par le Conseil fédéral, doit être limité à 1000 soldats par unité d’instruction, pour éviter une trop forte professionnalisation de l’armée.

Raccourcir l’école de recrue

Pour revaloriser l’armée de milice, le PRD propose de raccourcir l’école de recrue à 18 semaines, suivies de 8 cours de répétition annuels. De façon générale, les radicaux sont pour une «meilleure harmonisation des intérêts de l’armée, de l’économie et de la société».

En ce qui concerne la coopération internationale, son ampleur devrait être clairement définie. Et se limiter au commandement, à l’instruction et à l’équipement. Les radicaux s’opposent à l’adhésion de la Suisse à l’OTAN ou à toute autre alliance défensive. Mais se disent favorables à la collaboration de la Suisse à des opérations de gestion de la paix.

UDC: pas d’armée à deux vitesses

Mais le PRD n’est pas le seul à critiquer le projet, comme le montre le résultat de l’ensemble de la procédure de consultation. L’Union démocratique du centre demande lui-aussi une milice plus forte. L’UDC ne veut pas d’une armée à deux vitesses et s’oppose au service long. En revanche, le parti de Christoph Blocher s’inquiète de l’engagement de la Suisse dans une coopération internationale.

La droite n’a d’ailleurs pas le monopole de la critique. A la gauche de l’échiquier politique, les socialistes jugent le projet trop timoré, et exigent une baisse plus radicale des effectifs. Ils se contenteraient de 120 000 soldats actifs, et de 220 jours de service au lieu de 330 000.

Position diamétralement opposée à celles de l’UDC et du PDC: les socialistes proposent de remplacer les soldats de milice par 15 000 professionnels.

Les brigades irréalistes?

La Société suisse des officiers (SSO), quant à elle, est plutôt satisfaite, mais déclare qu’il faut repenser l’organisation et la formation. Pour elle, les modules de brigades proposés par le Conseil fédéral ne sont pas réalistes.

La plupart des cantons lui emboîtent le pas sur ce point. Vaud exige ainsi que deux des huit brigades soient romandes. Zurich est prêt à renoncer aux troupes cantonales, à condition que soient créées des troupes régionales.

Les cantons de Bâle-Ville, Schaffhouse et Thurgovie veulent réduire le service long de 24 à 18 semaines, alors que l’Argovie propose de le scinder en deux pour les étudiants. La Société suisse des employés de commerce (SSEC) exige que les recrues concernées touchent les mêmes allocations pour perte de gain que celles qui effectuent leur service normalement.

Avis tranchés du GSSA et de l’ASIN

Le Groupe pour une Suisse sans armée (GSSA) craint que le Conseil fédéral militarise sa politique extérieure. Il rejette tout autant les engagements militaires subsidiaires à l’intérieur du pays, et plaide pour des solutions civiles. Il condamne l’extension d’un service de renseignement «mouchard».

Enfin, l’Association pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN) tire à boulets rouges sur l’ensemble du projet. Personne n’a le droit de réduire la défense de la Suisse au nom de visions nébuleuses, juge t-elle. Refusant de rentrer dans les détails, l’ASIN juge la réforme «incohérente, superficielle et dépassée».

swissinfo avec les agences

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