Walter Fust s’en prend aux sanctions contre la Yougoslavie
Le directeur de la DDC s´insurge contre les sanctions internationales prises contre la Yougoslavie. Les sanctions ont peu d'effets sur les gouvernements, mais touchent durement la population, affirme Walter Fust.
«On ne peut pas imposer la démocratie, surtout quand la population concernée souffre et manque de tout». C’est ce qu’écrit le patron de la Direction du développement et de la coopération dans le bulletin d’information du mois d’août de la DDC.
Les personnes âgées et les enfants en sont les premières victimes. Les médicaments manquent et même les échanges scientifiques avec l’étranger sont interdits. Si l’on regarde le revenu mensuel d’un médecin à Belgrade, on constate qu’il représente aujourd’hui moins de dix pourcent de ce qu’il était il y a dix ans, écrit encore Walter Fust.
«Nous sommes conscients que les sanctions sont une arme à double tranchant; il apparaît que les enjeux politiques et humanitaires ne sont pas toujours compatibles», a déclaré à l’ats Daniela Steffel, porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Mais les sanctions de l’Union européenne (UE) continueront d’être appliquées.
L’Europe a en effet opté pour un certain nombre de mesures contre le régime de Slobodan Milosevic, auxquelles la Suisse s’est ralliée. Il en découle des interdictions d’investissement et de flux financiers, des conditions sévères pour l’obtention d’un visa et des interdictions de séjour pour près de 600 personnes, ainsi qu’un embargo sur les exportations de pétrole.
Fin juin, les sanctions politiques de l’UE se sont durcies; ce durcissement s’applique au domaine financier. Entre autres mesures: une liste de 200 à 300 personnes dont les comptes doivent être bloqués. Le Conseil fédéral doit décider cet automne si la Suisse s’alignera sur l’entrée en vigueur de ces mesures, a indiqué Othmar Wyss, du Secrétariat d’Etat pour l’économie (seco).
Le malaise grandissant face à cette politique s’est également fait ressentir à l’intérieur de l’UE. Les sanctions n’ont pas atteint leur objectif politique, a déclaré le ministre français, Hubert Védrine, lors de la rencontre des ministres européens des Affaires étrangères au mois de juillet à Bruxelles.
swissinfo avec les agences
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