Aéroport de Zurich-Kloten: l’Allemagne campe sur ses positions
La Suisse et l'Allemagne ne sont toujours pas parvenues à finaliser un accord sur l'aéroport de Zurich-Kloten. Au terme de deux jours de négociations à Berne, la question de la réduction progressive des vols au-dessus du sud de l'Allemagne n'a toujours pas été résolue.
La délégation allemande est restée ferme: elle veut une baisse progressive des mouvements aériens au-dessus du sud de l’Allemagne. Actuellement de 154 000, les mouvements aériens ne seront plus que de 100 000 en février 2005.
Mais que se passera-t-il d’ici là? Alors que la Suisse estime avoir encore quatre ans de répit, les Allemands voudraient atteindre ce plafond par étapes. Selon la délégation helvétique, cette requête dépasse le cadre du compromis auquel sont parvenus le ministre suisse des transports Moritz Leuenberger et son homologue allemand, Kurt Bodewig, le 23 avril dernier à Berlin.
Autre question ouverte: celle de l’indemnisation des riverains allemands, victimes du bruit de l’aéroport. D’un côté, Berne estime que la réduction des vols est suffisante. De l’autre, Berlin veut un dédommagement financier.
Enfin, le rapport entre ce nouveau traité et l’Accord sectoriel aérien entre la Suisse et la Communauté européenne nécessite encore certains éclaircissements.
Accord technique
Les délégations se sont en revanche mises d’accord sur la plupart des questions techniques restées ouvertes après les négociations interministérielles menées en avril dernier à Berlin. La société suisse Skyguide pourra continuer à s’occuper du contrôle aérien dans le sud de l’Allemagne. En outre, les conditions de survol dans la zone allemande ont été précisées.
Plus précisément, la Suisse s’est engagée à établir des zones d’attente dans son espace aérien. Les espaces d’attente en Allemagne ne pourront être survolés de jour qu’à une altitude minimale de 1800 mètres. Entre 22 heures et 6 heures, ce seuil sera élevé à 4000 mètres.
Les questions en suspens vont maintenant être rediscutées entre Moritz Leuenberger et son homologue allemand. Pour autant, le directeur de l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC), André Auer, estime que l’accord final pourra être signé d’ici le 1er septembre comme prévu.
Dans ce cas, les survols au-dessus de l’Allemagne du sud seront immédiatement interdits la nuit, entre 22 heures et 6 heures. Dès l’automne 2002, cette interdiction s’étendra aux week-ends et aux jours fériés. Dernière échéance: le survol du sud de l’Allemagne au-dessous de 3000 mètres sera limité à moins de 100 000 mouvements dès le 1er février 2002.
Epée de Damoclès parlementaire
Mais Moritz Leuenberger n’est pas au bout de ses peines. L’accord devra en effet être ratifiés par les parlements allemand et suisse. Et sous la coupole fédérale, le débat pourrait être animé.
L’UDC n’a d’ailleurs pas attendu pour manifester son désaccord. Dans un communiqué de presse diffusé jeudi, le parti a déjà demandé l’ouverture de nouvelles négociations… sans Moritz Leuenberger!
André Auer, lui, s’inquiète: si l’accord est refusé par l’un des deux parlements, alors il n’entrera pas en vigueur. Et l’Allemagne édictera seule des mesures. Qui pourraient faire mal à la Suisse.
Caroline Zuercher
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