Bientôt 600 000 Suisses de l’étranger
L'an prochain, probablement, l'émigration helvétique passera la barre des 600 000 personnes. Sa progression est relativement constante d'une année à l'autre. Et la France reste la principale terre d'accueil des Suisses de l'étranger.
Pas de grande surprise à la lecture de ces statistiques publiées chaque année par l’administration fédérale. Selon le Service des Suisses de l’étranger, 591 660 citoyennes et citoyens suisses étaient recensées à la fin du mois de juin auprès des diverses représentations diplomatiques et consulaires helvétiques.
Ce chiffre suit une courbe ascendante régulière. Celui de 11.264 personnes supplémentaires enregistrées depuis l’été passé se situe dans la bonne moyenne annuelle d’augmentation, ce qui laisse supposer, selon toutes probabilités, que le cap des 600 000 sera franchi en l’an 2002.
Près des 60% des émigrés suisses vivent dans l’un des quinze pays de l’Union européenne et la plus forte communauté suisse se trouve en France (154 730). Beaucoup plus loin, avec 68 000 personnes environ, suivent les «colonies suisses» d’Allemagne et des Etats-Unis. Puis celles du Canada, de Grande-Bretagne, d’Espagne et d’Australie.
Deux tiers de doubles nationaux
Un chiffre retient tout particulièrement l’attention: celui des personnes qui possèdent la double nationalité et qui dépasse tout juste les 70% pour cent. L’explication? «Bien des Suisses font connaissance de leur conjoint hors de nos frontières», nous dit Pierre Buchs, chef suppléant du Service des Suisses de l’étranger. «Et la législation suisse est assez généreuse concernant l’acquisition de la nationalité.»
On aurait tort cependant de voir l’émigration suisse sous l’angle des départs seulement, car le phénomène est fait de flux et de reflux. Chaque année, ils ou elles sont environ 30.000 à quitter le sol natal, dont une très forte majorité de jeunes entre 20 et 40 ans. Mais en même temps quelque 25.000 autres reviennent au pays: les Suisses partent à l’étranger pour des séjours plus courts que jadis.
Droit de vote: bien, mais on peut faire mieux
Est-ce à dire qu’ils coupent moins facilement le cordon ombilical d’avec la mère-patrie? Difficile à prouver. Mais, à l’inverse, constate Pierre Buchs, «plus le séjour est long, plus le désintérêt pour les affaires helvétiques est manifeste».
De ce point de vue, les statistiques de l’émigration révèlent une donnée intéressante concernant l’usage du droit de vote. Plus de 78 000 Suisses sont actuellement inscrits dans les listes électorales auprès des ambassades et des consulats, un chiffre en légère mais constante augmentation lui aussi chaque année.
Dans l’administration fédérale, on s’est fixé un objectif plus élevé que ces 17,5% de participation effective à la vie politique du pays d’origine. Mais on reste optimiste. On essaie, par toutes sortes de moyens, d’encourager citoyens et citoyennes à faire les démarches nécessaires au moment du départ ou à l’arrivée dans le pays d’accueil.
Le prochain Congrès des Suisses de l’étranger, qui se tiendra du 17 au 19 août prochain à Davos, a d’ailleurs mis à son ordre du jour un sujet sur lequel l’avis des émigrés suisses est de toute première importance, à savoir l’entrée ou non de la Suisse à l’ONU. Les prises de positions qui s’y feront entendre – en faveur du oui ou du non – pourraient bien ne pas passer inaperçues de l’opinion publique intérieure.
Bernard Weissbrodt
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