Des voix s’élèvent en faveur d’un droit du sol pour les étrangers
Le conseiller aux Etats Eugen David (PDC/SG) suggère que les étrangers de la deuxième génération puissent automatiquement obtenir la nationalité suisse. D´autres propositions vont dans le même sens.
Le débat sur les étrangers en Suisse ne s’arrêtera pas le 24 septembre prochain, après le vote sur l’initiative des 18 pour cent qui propose une limitation des étrangers dans notre pays. Un rapport sur une réforme du droit de la naturalisation est actuellement élaboré au Département fédéral de justice et police (DFJP). Des recommandations seront proposées avant la fin de l’année. Mais certains parlementaires ont déjà fait part de leurs idées.
Suite au vote d’Emmen, au moins six interventions parlementaires ont abordé cette question. Dernier épisode, le quotidien Le Temps présentait lundi la proposition du conseiller aux Etats Eugen David.
«Dans les années soixante, nous avons eu une grande migration, et elle n’est pas suffisamment intégrée», estime le démocrate-chrétien saint-gallois. Sa solution: les jeunes établis en Suisse depuis au moins cinq ans devraient avoir le droit d’obtenir le passeport à croix blanche.
Le politicien se défend de vouloir introduire en Suisse un droit du sol pur et dur, à l’image des Etats-Unis où tout enfant né sur le territoire reçoit un passeport américain. Mais il s’agirait bien d’aller dans cette direction.
Une direction également abordée dans les travaux du DFJP. L’issue du vote sur l’initiative des 18 pour cent aura-t-elle une influence sur ces débats? «Ce sont des choses différentes, souligne Brigitte Minikus, collaboratrice juridique à la section nationalité de l’Office fédéral des étrangers. Mais ce résultat sera un signe dont nous devrons tenir compte».
Mais des électeurs inquiétés par de telles idées ne risquent-ils pas, précisément, de vouloir donner un signe aux politiciens en acceptant l’introduction d’un quota? Le conseiller national Josef Zisyadis (PST/VD), auteur d’une initiative parlementaire allant dans la même direction que celle d’Eugen David, ne le pense pas: «face à des positions aussi extrémistes que cette initiative, il faut faire exactement l’inverse et prendre une position très humaniste».
Caroline Zuercher
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