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Et si l’armée cachait ses intentions pour mieux garder son budget?

Combien coûtera l'armée du futur? Le sujet annonce de chaudes batailles politiques. Keystone

C´est ce qu´estime Le Temps, dans un article publié vendredi. Le quotidien romand a divulgué le contenu d´un rapport confidentiel sur la réforme de la défense nationale. Et la future armée dont rêvent les militaires coûterait plus cher.

Ce rapport secret a été élaboré par la cellule «Armée XXI», et il précède la parution du Plan directeur de la future défense. Il s’articule en cinq sujets: la durée du service militaire et les effectifs, la réserve, l’âge de service, les forces armées et les engagements à l’étranger.

Cependant, ce document n’a rien de définitif. Adolf Ogi pourrait encore le modifier afin d’obtenir l’accord de l’ensemble du gouvernement.

Il reste que ce document de dix-sept pages n’évoque pas du tout, selon Le Temps, la question cruciale du budget. En tout cas pas de façon directe. Les militaires souhaitent une croissance «aussi haute que faire se peut» des investissements par rapport aux coûts d’exploitation et administratifs.

Le quotidien romand estime cependant que la réalisation de ces propositions ne se fera pas sans rallonges, du moins durant une dizaine d’années. Il parle d’un budget annuel de 6 milliards de francs.

Ce chiffre est bien loin des rêves socialistes. Le 26 novembre prochain, le peuple se prononcera sur une initiative de la gauche, qui vise à réduire le budget de l’armée à 3,2 milliards de francs.

Selon Le Temps, ce contexte est important. Le ministre de la Défense, Adolf Ogi, tenait à garder ce rapport secret. Il craignait que celui-ci devienne un contre-projet à l’initiative socialiste.

Un projet de nouvelle armée évalué à plus de 5 milliards de francs risquerait en effet de pousser le peuple à soutenir l’initiative socialiste. Les votants seraient en revanche beaucoup plus divisés en cas d’enveloppe budgétaire comprise entre 4 et 5 milliards. Mais les militaires n’en veulent pas.

Le Temps estime donc qu’Adolf Ogi ne souhaitait pas dévoiler ses intentions. Le quotidien va plus loin: une défaite des socialistes, le 26 novembre prochain, lui permettrait d’exiger une armée plus chère que celle d’aujourd’hui.

Kurt Wasserfallen, Conseiller national radical bernois, défend le président de la Confédération. Il souligne que la Commission de la politique de sécurité du Conseil national, dont il fait partie, a déjà parlé plusieurs fois de ces choses. «Les chiffres avancés ne sont pas nouveaux pour moi», conclut-il.

Alors fine tactique, ou pas? Président socialiste de la Commission de la politique de sécurité du National, Boris Banga ne le pense pas. Le Soleurois est même d’avis que son parti devrait remercier le président de la Confédération!

«On peut penser qu’Adolf Ogi agit par tactique, explique-t-il. Mais dans ce cas-là, cette tactique est dangereuse. Sans chiffres, les adversaires de l’initiative n’ont rien à rétorquer aux socialistes qui argumentent que le budget de l’armée peut être limité à 3,5 milliards de francs.»

Le Département fédéral de la défense, de la protection et des sports s’est refusé à commenter les chiffres, ainsi que les accusations portées contre Adolf Ogi.

Caroline Zuercher


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