La Suisse se prépare à intervenir dans la crise macédonienne
Les combats entre maquisards albanais et forces gouvernementales se sont poursuivis jeudi à la périphérie de Tetovo, au nord de la Macédoine. Face à cette crise qui prend de l'ampleur, la Suisse peaufine un certain nombre d'initiatives.
Les autorités helvétiques suivent avec attention et préoccupation la situation qui se dégrade en Macédoine et dans la région. Elles incitent les parties en conflit à dialoguer de manière constructive. Mais elles condamnent, par contre, toutes les actions terroristes d’où qu’elles viennent.
Tel est, en substance, le message que doit prononcer le Conseil fédéral ces tout prochains jours, peut-être même vendredi. Selon Rolf Stucheli, porte-parole aux Affaires étrangères, le gouvernement suisse envisage également un certain nombre d’initiatives pour tenter d’apaiser le conflit qui menace la Macédoine et l’ensemble de la région.
Car la Suisse est déjà fortement impliquée dans les Balkans en général et en Macédoine en particulier. Depuis juin de l’année passée, la Confédération est en effet membre à part entière du Pacte de stabilité pour les Balkans. Une structure lancée en 1999 par l’Union européenne et qui regroupe une trentaine de pays.
Quant à la Macédoine, elle est depuis 1996 un des 16 pays jugés prioritaires par l’agence de coopération helvétique (DDC). L’idée de départ était de préserver ce pays de la spirale guerrière qui empoisonne la région.
Pour ce faire, la DDC a lancé une dizaine de projets qui vont du soutien au quotidien indépendant «Dnevnik» à un centre d’appui pour les ONG locales, en passant par la réalisation d’une série télévisée destinée aux enfants qui cherche à favoriser la tolérance et la prévention des conflits dans la Macédoine pluriethnique.
La crise qui se développe en Macédoine démontre les limites de cette action. Mais la coopération suisse n’a jamais pensé que son action aurait un impact immédiat, comme le précise Stéphanie Burri, chargée de programme pour la Macédoine à la DDC.
«La Suisse toute seule ne peut pas faire des miracles, lance Stéphanie Burri. Seul un engagement important de la communauté internationale peut aboutir à des résultats». Or, cette intervention internationale qui œuvre officiellement à la pacification n’échappe pas à certaines contradictions de taille.
«Les réformes économiques préconisées par la Banque mondiale et le FMI provoquent un choc très violent pour ces pays et leurs populations, estime Stéphanie Burri. Ces mesures jettent de l’huile sur le feu des tensions interethniques et favorisent le développement des mafias».
C’est la raison pour laquelle la DDC a également développé un programme de promotion des petites entreprises, pour tenter de juguler le chômage qui frappe durement la Macédoine.
Frédéric Burnand
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