Le pavillon suisse encaisse le «flop de Hanovre»
Pour l'instant l'Exposition universelle ne tient pas ses promesses: le nombre des visiteurs est largement au-dessous des pronostics et le coût du ticket d'entrée n'est pas le seul coupable.
Des pavillons à moitié désert, des parkings vides: la presse allemande s’interroge sur le «flop de Hanovre». Les tarifs de l’exposition sont en général la cible des attaques: 56 francs environ la carte d’entrée journalière, c’est déjà cher. Il faut y ajouter 16 francs pour le parking, des tarifs de restauration trop élevés, et le coût du voyage .
Au pavillon suisse, on garde cependant le moral. Les visiteurs sont nombreux. Au buffet-bar, les tarifs sont raisonnables, et les crus excellents. La casquette fétiche du pavillon, noire, profilée par Ida Gut, se vend comme des petits pains.
Jean-Luc fait partie de l’équipe des guides du pavillon. Suisse romand, il vit dans la région de Hanovre depuis sept ans et les causes du «flop» sont multiples selon lui. «D’abord parce qu’à l’inverse des expos du début du siècle, la surprise n’est plus là. Aujourd’hui les gens voyagent, ou visitent les continents avec la télévision. Ce n’est plus comme au du début du siècle, quand on leur apportait le monde à Paris».
De surcroît, la mise en place de l’exposition de Hanovre est loin d’avoir emporté l’assentiment de la population locale. «Il y a deux ans, il y a eu un référendum pour savoir si elle devait se tenir ici ou non. Résultat: 50 pour cent pour, 50 pour cent contre. Les alternatifs et les écologistes de la région y sont restés hostiles, et ont fait campagne contre l’Expo».
De plus, pour l’Exposition universelle, Hanovre a dû effectuer des coupes dans ses budgets sociaux. Et puis, la manifestation devait être intégralement financée par ses sponsors. Aujourd’hui, on estime que les pertes devront d’une façon ou d’une autre être payées par les contribuables. Tout cela n’a pas arrangé l’image de l’événement.
Pourtant, Jean-Luc ne doute pas que le nombre de visiteurs va s’accroître dans les semaines à venir. «La meilleure publicité, c’est le bouche à oreille. Ceux qui sont venus repartent très satisfaits et en parlent autour d’eux.»
Michel Verrier, Hanovre
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