Loin d’ici, leur cœur bat plus fort pour la Suisse
Feux d'artifice sur Berlin, Londres, Los Angeles ou encore Rio de Janeiro. Loin de leur mère patrie, les Suisses de l'étranger ont un besoin plus fort de célébrer le 1er Août. Des fêtes organisées par les clubs suisses. Et, plus rarement, par les ambassades.
«Plus on est loin de la Suisse et plus la fête nationale est traditionnelle», explique Roberto Engeler, vice-président de l’Organisation des Suisses de l’étranger (OSE) et président de la Fédération des groupements suisses en Italie.
Yodle à Washington
Ainsi, les Suisses expatriés en Europe (la majorité) sont moins attirés par le yodle et les saucisses que ceux qui résident en Australie ou outre-Atlantique. D’ailleurs, au Canada, la plupart des 130 clubs suisses ont prévu des festivités.
«Aux Etats-Unis, on écoute de la musique folklorique et on mange des plats suisses, ajoute Roberto Engeler. En Italie, la fête est moins traditionnelle. On écoute le discours du président de la Confédération. Mais c’est surtout l’occasion de se retrouver entre compatriotes.»
Des bretzels, rien de plus
Le plus souvent les manifestations sont organisées par les clubs suisses. Parfois par les consulats et par les ambassades. Mais beaucoup plus rarement. «Ils n’ont pas les moyens financiers», dénonce le conseiller national démocrate-chrétien Remo Galli, auteur d’une interpellation sur les fêtes du 1er Août à l’étranger déposée en octobre 2000 et qui doit encore être traitée par le Parlement.
Dans les années 90, le Conseil fédéral a établi des directives à l’attention des ambassades. «Pour la célébration de la fête nationale dans la colonie suisse, y lit-on, la contribution de la représentation à l’étranger devrait se limiter à une quantité raisonnable de boissons gratuites.»
Une fête nationale sponsorisée
«Souvent, l’ambassadeur doit payer de sa poche ou recourir au sponsoring, comme Thomas Borer, à Berlin, poursuit le conseiller national.» Remo Galli demande donc au Conseil fédéral de changer ces directives. Et d’ajouter: «Une telle fête permet de promouvoir l’image de la Suisse et renforce l’identité des expatriés.»
Dans sa réponse, le gouvernement reconnaît que les fêtes du 1er Août sont utiles et importantes. Il ajoute cependant qu’il n’est pas possible d’inviter tous les Suisses de l’étranger aux réceptions officielles, en raison de problèmes d’infrastructure, de logistique et de coûts.
Alexandra Richard
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