Mondial 2006: victoire de l’Allemagne contre l’Afrique du Sud
Le Suisse Sepp Blatter a dévoilé, jeudi à Zurich, le nom du pays organisateur de la 18e Coupe du monde de football en 2006. Ce sera l´Allemagne. Le président de la FIFA a du même coup botté en touche l´Angleterre, le Maroc, mais surtout l´Afrique du Sud.
C’est donc Sepp Blatter en personne qui, utilisant la formule consacrée «the winner is… », a désigné le pays hôte de la Coupe du monde 2006. Au cours d’une conférence de presse, le président de la Fédération internationale de football (FIFA) a tenu son auditoire en haleine avant de sortir d’une enveloppe cachetée le nom de l’heureux élu. L’Allemagne l’a finalement emporté au troisième tour par 12 voix contre 11 à l’Afrique du Sud. Un des 24 membres du comité exécutif de la FIFA, le représentant de l’Océanie, n’a pas pris part à au vote à bulletin secret lors du tour de scrutin décisif.
Les 24 membres du comité exécutif de la FIFA ont désigné l’Allemagne à la majorité absolue, sous contrôle notarial. Outre l’Allemagne, l’Angleterre, le Maroc et l’Afrique du Sud étaient candidats pour organiser cette compétition. Le Maroc avait été éliminé au premier tour, l’Angleterre au deuxième. La République fédérale allemande (RFA) avait déjà organisé la Coupe du monde de 1974.
La présentation du solide dossier allemand, mercredi après-midi au siège de la FIFA, avait laissé une grande impression auprès du comité exécutif, alors que l’on pensait que les jeux étaient déjà faits en faveur de l’Afrique du Sud. L’arrivée du chancelier allemand Gerhard Schröder, qui a figuré au premier plan de la délégation allemande sans cependant intervenir, a également considérablement influencé les décideurs de la FIFA.
La candidature allemande avait été placée sous le signe d’une Allemagne ouverte sur le monde, hospitalière et réunie. L’Afrique du Sud partait pourtant favorite en raison notamment du soutien déclaré du président de la FIFA au nom de la solidarité et de l’universalité du football. Elle pouvait également compter sur le soutien appuyé du prix Nobel de la Paix, Nelson Mandela.
Le président de la Confédération africaine de football (CAF), le Camerounais Issa Hayatou, avait beau affirmer que l’heure de l’Afrique avait sonné, il restait cependant conscient de la puissance de l’Europe qui dispose de huit votes au Comité exécutif contre quatre à l’Afrique, ce qui rend le combat inégal. Il avait vu juste.
Malgré toutes les garanties et le symbolisme de la candidature de l’Afrique du Sud, les dirigeants du football mondial ont quand même choisi d’offrir l’organisation à une Allemagne réunifiée dont la solidité du dossier sur le plan technique et la puissance de ses partenaires a finalement fait la différence. Il est vrai que dans les dernières heures, le rouleau compresseur allemand a tourné à plein régime.
Franz Beckenbauer a justifié une nouvelle fois sa réputation de Kaiser en prenant le dossier à bras le corps, multipliant les interventions au grand jour et les négociations plus feutrées dans les couloirs. A ce petit jeu, les Africains n’ont pas pu soutenir la comparaison. L’Europe organisera ainsi sa 10e Coupe du monde.
Ce vote correspond également à un cuisant échec pour le président de la FIFA, Sepp Blatter. En juin 1998 à Paris, le Haut-Valaisant avait été élu avec les voix du continent africain contre le candidat européen, le Suédois Lennart Johansson, le président de l’UEFA. «J’ai toujours supporté une candidature africaine et aujourd’hui, malgré la défaite de tout un continent, je maintiens que l’Afrique doit organiser une Coupe du monde et je m’engage devant vous, devant le comité exécutif pour que la Coupe du monde suivante en 2010 se dispute en Afrique», a déclaré Sepp Blatter.
Les instances européennes viennent ainsi de prendre leur revanche. Le président Blatter va désormais être obligé de composer d’ici les prochaines élections pour la présidence de la FIFA en 2002 lors du Congrès en Corée du Sud.
swissinfo avec les agences
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