Transparent, vous avez dit?
Le texte qui servira de base aux négociations par les ministres a été remis à la présidence française. Il contient encore un nombre affolant de points épineux. Rien n’est encore joué.
Dans les couloirs du Bourget flotte l’appréhension d’un Copenhague II [en référence à la conférence de Copenhague sur le climat de 2009, considérée comme un échec]. Les négociations avancent-elles assez vite? Peut-on voir les dénominateurs communs se dessiner? Il n’est pas évident de répondre à ces questions car nous sommes maintenus à l’écart de la majorité des négociations. A l’instar de la dernière séance préparatoire à Bonn, la société civile n’est pas autorisée dans les salles. Défendue par les pays en développement, fustigée par ceux industrialisés, la présence de la société civile est toutefois fondamentale.
Tout d’abord, la société civile joue un rôle de garde-fou. Lorsqu’elle est présente, les gouvernements qui trainent des pieds sont montrés du doigt par la population, particulièrement la leur. Ainsi, la délégation de Norvège, qui s’était opposée à la mention des Droits de l’Homme dans les objectifs de l’Accord, s’est vue faire la première page d’un bon nombre de ses journaux nationaux. Le comportement de l’Arabie Saoudite est, lui, quotidiennement dénoncé. Ensuite, la société civile apporte un soutien aux petites délégations dont les moyens sont plus limités. Ces dernières comptent souvent sur son expertise (légale et stratégique) pour les aider à rester à niveau dans les négociations. Par ailleurs, l’accès à la société civile permet d’éviter les malentendus et les rumeurs d’échec, qui maladroitement relégués dans la presse n’aident certainement pas le travail des négociateurs.
Finalement, et principalement, nous rappelons quotidiennement aux gouvernements que le monde dont ils négocient la trajectoire a une réalité en-dehors des salles du Bourget. Les mots et chiffres hautement politisés sont déjà la réalité de ceux qui voient leur terre disparaître sous les eaux ou se craqueler de sécheresse, dans l’ombre des millions de réfugiés climatiques qui se préparent.
Océane Dayer, présidente Swiss Youth for Climate
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