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Relations Suisse-OTAN: long flirt, mais pas de mariage

Le 2 mars 2017, l'armée suisse et son ministre Guy Parmelin attendaient le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg pour une visite officielle à Berne. Lukas Lehmann / Keystone

L’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) célèbre ce jeudi les 70 ans de sa création. La Suisse collabore depuis plus de 20 ans avec cette organisation de défense. Mais une adhésion est hors de question, pour raison de stricte neutralité.

Ce contenu a été publié le 04 avril 2019 - 13:38

Le 4 avril 1949, à Washington, dix pays européens (Royaume-Uni, France, Portugal, Danemark, Pays-Bas, Belgique, Luxembourg, Islande, Norvège et Italie) concluent une alliance avec les Etats-Unis est le Canada. L’objectif est alors d’«endiguer» l’Union soviétique et ses alliés, de permettre à l’Allemagne de gagner son autonomie et de l’intégrer au Bloc de l’Ouest, afin de maintenir une présence américaine et son «parapluie» nucléaire au-dessus de l’Europe. 

L’organisation se développe ensuite dans les années 1950 en intégrant la Grèce, la Turquie et l’Allemagne, puis l’Espagne dans les années 1980. Mais c’est à la suite à la chute de l’URSS, en 1991, que l’organisation connaît sa plus large extension, en englobant progressivement la plupart des pays d’Europe orientale. Elle compte aujourd’hui 29 Etats. 


Article 5 

Même s’il contient aussi des aspects politiques, le Traité de l’Atlantique Nord constitue avant tout une alliance militaire dans le contexte tendu de la Guerre froide. Le but est alors clairement de protéger les petits Etats et les démocraties occidentales face à une invasion des pays du Pacte de Varsovie. 

Craignant également une invasion soviétique, la Suisse ne veut pourtant pas faire partie de l’OTAN. En effet, une adhésion serait incompatible avec sa traditionnelle politique de neutralité. 

«C’est surtout l’article 5 du traité qui est incompatible avec la neutralité. Celui-ci oblige en effet les Etats signataires à intervenir si l’un d’eux est attaqué», explique Alexandre Vautravers, responsable du CAS/MAS en sécurité globale à l’Université de GenèveLien externe et rédacteur en chef de la Revue militaire suisseLien externe.  

Partenariat pour la paix

Mais le fait de ne pas être membre, n’empêche pas la collaboration. Depuis 1996, la Suisse a rejoint le Partenariat pour la Paix (PpP) de l’OTAN. Celui-ci est un «instrument de coopération souple» entre l’OTAN et différent partenaire. 

Le ministère suisse des Affaires étrangères expliqueLien externe que le PpP est important pour la Suisse, car il «offre un cadre institutionnalisé lui permettant de mener un dialogue sur la politique de sécurité avec les pays de son environnement stratégique». Par ailleurs, le PpP «contribue à la préparation des forces armées suisses à participer à des opérations de soutien de la paix placés sous la direction de l’OTAN, de l’UE ou de l’ONU». 

Tout le monde ne partage pas cette vision. Plusieurs voix – dans les milieux de la gauche comme de la droite conservatrice – estiment que le PpP est incompatible avec la neutralité et qu’il constitue une adhésion larvée à l’OTAN. Ces critiques émanent notamment du Groupe pour une Suisse sans arméeLien externe, de l’Action pour une Suisse indépendante et neutreLien externe et de membres de l’Union démocratique du centre (UDC / droite conservatrice). 

Un partenaire incontournable 

Alors, le PpP, une porte d’entrée vers l’OTAN? Alexandre Vautravers relativise. «Il y a plusieurs étapes dans l’histoire du PpP. A l’origine, c’était clairement une main tendue vers les pays neutres et les anciens membres du Pacte de Varsovie. Au fil du temps, ces derniers ont effectivement adhéré à l’OTAN, comme la Hongrie ou la Bulgarie.» 

Maintenant que les pays d’Europe orientale ont rejoint l’Alliance, le PpP reste une simple plateforme de collaboration avec les pays neutres d’Europe occidentale (Suisse, Autriche, Irlande…) et avec des pays de l’Est et d’Asie centrale (Albanie, Russie, Ukraine, Ouzbékistan, etc.). Et pour Alexandre Vautravers, ce n’est pas incompatible avec la neutralité. «Si le PpP est vu comme une échelle menant à l’OTAN, les pays neutres ont eu la possibilité de s’arrêter à la première marche et de ne pas aller plus loin», illustre-t-il. 

De toute façon, pour cet expert des questions de sécurité, l’OTAN reste un partenaire presque incontournable. «L’OTAN représente plus de 70% des dépenses militaires à l’échelle mondiale. Si l’on veut établir des standards, par exemple dans le calibre des munitions, l’organisation du travail d’un état-major interarmées, un rapprochement avec les critères de l’OTAN est inévitable, qu’on le veuille ou non.» 

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