A Genève, Sarkozy accuse le capitalisme financier «devenu fou»
Le président français a plaidé lundi pour une régulation de la mondialisation. S'exprimant devant la conférence internationale du travail, il a demandé d'agir avant qu'il ne soit trop tard. Le président brésilien Lula da Silva a appelé à une réforme de la gouvernance mondiale.
«Face à un capitalisme financier devenu fou à force de n’être soumis à aucune règle», il n’est pas raisonnable d’attendre encore, a déclaré le président français dans un discours de 35 minutes prononcé devant la conférence annuelle de l’Organisation internationale du travail (OIT), réunie à Genève jusqu’à vendredi.
«La mondialisation ne survivra pas à la loi de la jungle», a-t- il souligné, en évoquant «une crise sans précédent depuis 1945» et en dénonçant «la logique de la compétitivité à tout prix» et «les dumpings sociaux, monétaires et environnementaux».
Nicolas Sarkozy a mis en garde ceux qui croient que la crise est «une parenthèse». L’attitude qui consiste à croire qu’il sera possible de «tout recommencer comme avant est chimérique et irresponsable», a-t-il dit, en fustigeant «parachutes dorés et gains mirobolants des spéculateurs».
Le G20 a une grosse responsabilité dans la correction de ce système. «Déjà beaucoup de choses ont changé, je pense en particulier aux paradis fiscaux. Mais dans beaucoup de domaines, il faudra aller plus loin pour reconstruire un système financier qui finance davantage les entrepreneurs que les spéculateurs», a affirmé M. Sarkozy.
Le président français a multiplié les suggestions: les interventions du FMI, de la Banque mondiale, des banques de développement doivent êtres soumises à «une conditionnalité environnementale et sociale». L’OIT devrait être «obligatoirement saisie» chaque fois que dans un contentieux commercial la question des droits fondamentaux du travail sera posée.
Auparavant, le président brésilien Lula da Silva avait également déclenché les applaudissements de la salle en appelant à construire un nouvel ordre économique. «On ne peut vivre avec un système financier qui spécule avec du papier sans engendrer un seul emploi, sans fabriquer une seule vis, une seule chaussure, une seule chemise», s’est exclamé l’ancien syndicaliste.
swissinfo.ch et les agences
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