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Aide suisse pour les victimes de Birmanie

Dégâts massifs à Rangoon, suite au passage du cyclone Nargis.

(Keystone)

Le CICR a décidé mercredi de débloquer 2 millions de francs pour venir en aide aux victimes du cyclone en Birmanie. De leur côté, l'agence publique de coopération au développement (DDC) et la Croix-Rouge suisse offrent un total de 700'000 francs.

Selon les dernières estimations avancées par les autorités militaires birmanes, près de 22'500 personnes auraient péri dans la catastrophe. Par ailleurs, 41'000 personnes sont portées disparues en raison du cyclone, qui a tournoyé autour du delta du fleuve Irrawaddy puis s'est déployé à l'intérieur du pays. Des centaines de milliers de personnes sont sans abri.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui dispose de cinq expatriés et de 90 employés locaux en Birmanie, a immédiatement fourni du matériel médical à la Croix-Rouge locale pour le traitement de 200 blessés. Il a aussi procuré un générateur à l'hôpital du ministère de la défense, où 80 personnes amputées sont soignées. Quatre de ses véhicules ont été mis à disposition de la Croix-Rouge locale.

D'autre part, le CICR va aussi, à la demande des autorités birmanes, aider des détenus avec des abris temporaires, de la nourriture, de l'eau et des médicaments pour au moins deux semaines. Il va soutenir les efforts visant à rétablir le fonctionnement des systèmes d'eau et d'hygiène des prisons. «Nous sommes prêts à intervenir rapidement, à condition que nous recevions les autorisations nécessaires», a déclaré le chef de la délégation du CICR en Birmanie, Pierre-André Conod. Le CICR n'avait plus accès aux détenus dans les prisons birmanes depuis la fin de 2005.

L'aide internationale ne parvenait mercredi qu'au compte-gouttes en Birmanie. Des travailleurs humanitaires étaient encore bloqués aux portes du pays, cinq jours après le passage du cyclone Nargis qui a dévasté samedi dernier le sud de la Birmanie et l'ancienne capitale Rangoon, la plus grande ville du pays.

Soins, eau potable et hébergement

La contribution de la Direction du développement et de la coopération (DDC) s'élève à 500'000 francs et celle de la Croix-Rouge suisse à 200'000 francs. L'aide suisse se concentrera sur les soins, la mise à disposition d'eau potable et la fourniture d'hébergements pour les victimes du cyclone.

Par ailleurs, quatre experts vont se rendre sur les lieux de la catastrophe dès que les autorités militaires leur auront délivré des visas d'entrée, a déclaré Toni Frisch, chef du Corps suisse d'aide humanitaire (CSA). Trois autres experts suisses ont été envoyés à Bangkok pour coopérer avec les Nations Unies et des organisations non gouvernementales.

De son côté, la Chaîne du Bonheur a ouvert un compte en faveur des victimes. Les dons peuvent être versés par Internet ou sur le compte postal 10-15000-6 mention «Birmanie». Les organisations d'aide se mobilisent pour fournir de l'eau potable et des biens de première nécessité aux sans-abri.

Un énorme défi logistique

«Du point de vue logistique, toute l'opération (d'aide) se révèle être extraordinairement complexe», a déclaré Matt Cochrane, de la Fédération des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, à Genève. «Le cyclone a eu un énorme impact sur ce qui était déjà une infrastructure très sommaire. Ainsi, des routes ont été emportées ou sont devenues impraticables», a-t-il expliqué à swissinfo. «Les lignes de communication et d'électricité sont rompues.»

Des employés de la Croix-Rouge se sont rendus sur place peu après le passage du cyclone, évaluant la situation et distribuant des pastilles de purification de l'eau et des moustiquaires imprégnées d'insecticide pour prévenir les risques de malaria.

«Je pense qu'il y a une tendance à se sentir frustré, ce qui est compréhensible. Mais nous n'en sommes qu'au tout début, à tenter de répondre à ce qui est une énorme catastrophe. Nous sommes donc confiants que l'accès va s'améliorer et que l'aide va parvenir aux gens affectés», a déclaré M. Cochrane.

Une carte satellite fournie par les Nations Unies montre que les dégâts se concentrent sur une surface de plus de 30'000 km2 le long des côtes de la mer d'Andaman, soit moins de 5 pour cent du pays. La région affectée abrite cependant près d'un quart des 57 millions de Birmans.

Une vague de 3,5 mètres de hauteur

«La vague a causé plus de morts que la tempête elle-même», a déclaré le ministre des secours et de l'habitat Maung Maung Swe lors d'une conférence de presse à Rangoon, où l'approvisionnement en nourriture et en eau est faible. «Elle avait 3,5 mètres de hauteur. Elle a emporté et inondé la moitié des maisons situées dans des villages des basses terres», a-t-il ajouté. «Il n'y avait pas d'endroit où les gens pouvaient fuir.»

Il s'agit du cyclone le plus dévastateur en Asie depuis 1991, date à laquelle 143'000 personnes avaient trouvé la mort au Bangladesh.

L'ampleur de la catastrophe a amené les généraux au pouvoir, qui sont isolés sur le plan diplomatique, à accepter l'aide internationale. Ceux-ci avaient rejeté des propositions d'aide après le tsunami de 2004 dans l'océan Indien.

La junte militaire a déclaré qu'elle reporterait au 24 mai le référendum prévu pour le 10 mai sur l'adoption d'une nouvelle Constitution dans les régions les plus affectées par le cyclone.

swissinfo, Thomas Stephens, et les agences

En bref

Depuis 45 ans, la Birmanie (officiellement l'Union du Myanmar) vit sous le joug de la dictature militaire. La suppression des partis politiques, la nationalisation de l'économie et une dure répression de toute forme de liberté isolent le pays du reste du monde.

En 1990, des élections libres avaient été organisées et remportées à plus de 80% par la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), emmenée par le Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi. Mais la nouvelle junte en place avait refusé de céder le pouvoir et arrêté les leaders de la NLD dont Aung San Suu Kyi, qui vit aujourd'hui en résidence surveillée.

En september dernier, une hausse massive du prix des carburants a poussé les Birmans à descendre dans la rue pour manifester leur mécontentement. Le mouvement a été emmené par les moines bouddhistes.

Malgré les appels répétés de la communauté internationale, les manifestations ont été réprimées par la force et dans le sang par la junte militaire au pouvoir.

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