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Berlusconi se plie, a-t-il rompu?

L'avenir politique bouché de Silvio Berlusconi Keystone

Le gouvernement de coalition d'Enrico Letta a survécu mercredi à un vote de confiance au Sénat. Une volte-face de dernière minute de Silvio Berlusconi a permis que la motion de soutien à l'exécutif soit approuvée à une écrasante majorité. Revue de la presse suisse.

«Spectaculaire capitulation de Berlusconi», titre la Neue Zürcher Zeitung, le quotidien de la capitale économique du pays. Son correspondant à Rome, Nikos Tzermias écrit, lyrique: «Selon les mœurs italiennes, (ce retournement de Berlusconi) est aussi un Colpo di scena, un coup de théâtre dans l’infâme opéra bouffe qui se joue sur la scène politique du Belpaese.»

Interprétant le revirement de Berlusconi, la RegioneTicino, quotidien basé à Bellinzone, note qu’ayant «perdu l’emprise sur ses hommes, sans pouvoir sur le gouvernement, Berlusconi n’a pas eu d’autre choix. Ce n’est pas le signe d’une intelligence stratégique supérieure. C’est la défaite de l’une des tactiques qu’il avait l’habitude d’imposer.»

«Silvio Berlusconi capitule sans conditions», confirme Le Temps de Genève. Avant d’expliquer: «A l’origine de l’affaire figure la décision prise le 1er août dernier par la Cour de cassation de confirmer deux peines prononcées à l’encontre de Silvio Berlusconi: une condamnation à 4 ans de prison et une autre à 5 ans d’interdiction d’exercer une fonction publique, le tout pour fraude fiscale. Le second verdict est d’autant plus lourd que, pour autant que le Sénat l’entérine, il priverait le Cavaliere, menacé d’autres procès, de son immunité parlementaire.»

En Italie, la loi électorale donne autant de pouvoir aux sénateurs qu’aux députés. Ce cadre est considéré par beaucoup comme l’une des causes de l’impasse politique provoquée par les dernières élections législatives, fin février.

Une commission sénatoriale pourrait lancer vendredi la procédure de déchéance de Silvio Berlusconi de son mandat de sénateur, dans la foulée de sa condamnation en dernière instance pour fraude fiscale.

Sa peine de quatre ans de réclusion a été ramenée à un an par la suite en raison de son âge, 77 ans, et il aura à choisir ce mois-ci entre une assignation à résidence ou des travaux d’intérêt général.

L’instabilité politique en Italie reste un facteur défavorable pour les notes souveraines du pays, estime l’agence de notation Moody’s.

Source: Reuters

Lâché par les siens

Suite à son coup de poker du week-end (l’ordre donné aux 5 ministres de son parti – le Peuple de la liberté/PDL- de démissionner) le Cavaliere a été lâché par une partie de ses troupes, à commencer par Angelino Alfano, son dauphin désigné.

Dans Le Temps, Etienne Dubuis analyse: «Les dissidents ont accompli un geste sans précédent dans une formation habituée à subir sans discuter les caprices de son chef. «Ils ont d’ailleurs tenté d’adoucir leur geste en assurant qu’ils demeuraient loyaux envers Silvio Berlusconi et qu’ils voulaient seulement lui éviter de devenir un otage des ultras», confie Hervé Rayner, chargé de recherche et d’enseignement en sciences politiques à l’Université de Lausanne. Mais le moment a été très difficile à vivre pour les plus jeunes.»

Le résultat est pourtant sans appel, juge le commentateur du Corriere del Ticino, un quotidien basé à Lugano: «Dans le groupe PDL (le parti de Berlusconi) un tabou est brisé: celui de la parole incontestable de Silvio Berlusconi. En conséquence, la couronne de Silvio perd de son éclat. Elle est sur le point de tomber de la tête du Cavaliere. Ce qui était une monarchie absolue n’existe plus (…). Ça ressemble symboliquement à un parricide, un régicide», analyse Gerardo Morina.

«Silvio Berlusconi est-il fini?, se demande le journaliste du Temps, alors qu’une commission du Sénat doit se prononcer vendredi sur sa destitution, avant de laisser la décision finale au Sénat lui-même? Marc Lazar le croit. «Il y aura des soubresauts, prévoit le chercheur. Mais l’homme n’exerce plus la même fascination. L’accumulation des affaires, les promesses non tenues et l’état délicat dans lequel il a laissé l’Italie lors de son dernier passage à la tête du gouvernement ont fini par désenchanter les Italiens.»»

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Visions d’Italie

Ce contenu a été publié sur Le photographe Roger Wehrli a parcouru l’ Italie durant quinze ans. Son livre «Pensione Italia» rassemble les images prises au cours de ses voyages. Ses clichés sont extraits de la vie quotidienne. «Une routine», à laquelle l’œil du photographe offre une autre dimension.

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Et l’Italie dans tout ça ?

«Enrico Letta sort fortement renforcé de l’épreuve parlementaire. Il pourra continuer à gouverner pendant au moins douze mois, jusqu’à la fin 2014. Le président du Conseil, au style d’ordinaire plus sobre, s’est livré à une défense minutieuse et passionnée de ce que son gouvernement a réalisé en cinq mois, qu’il s’agisse du fisc, de l’emploi, de la réduction des dépenses publiques», écrit le correspondant du Figaro Richard Heuzé, dans les colonnes du quotidien valaisan Le Nouvelliste.  

Dans La Liberté – quotidien régional basé à Fribourg – Pascal Baeriswyl commente: «En provoquant dans l’urgence un vote de confiance, Enrico Letta vient de démontrer une force tranquille et un sens stratégique impressionnants».

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