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Une photo suisse au centre de l’affaire Khashoggi

Le journaliste saoudien, qui vit aux États-Unis, est porté disparu depuis le 2 octobre. Keystone

Une photographie soi-disant prise à l’aéroport d’Istanbul a été brandie dans le conflit diplomatique autour de la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi. Mais cette image a en réalité été prise à l’aéroport de Genève en 2016.  

Ce contenu a été publié le 16 octobre 2018 - 16:00
Paula Dupraz-Dobias

Jamal Khashoggi, journaliste saoudien, a disparu le 2 octobre après être entré dans le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, en Turquie. Les autorités turques affirment qu’il a été tué par un commando de 15 hommes arrivés d’Arabie saoudite en jets privés, ce que conteste le gouvernement saoudien.

Une image d’un avion sur un tarmac ensoleillé, avec en arrière fond des montagnes recouvertes de neige, a été utilisée par les médias turques d’abord, puis par les médias saoudiens pour nier tout lien entre Ryad et la disparition du journaliste. Un présentateur de la chaîne Saudi 24 a affirmé le 10 octobre que le jet saoudien en question n’avait pas pu se trouver à Istanbul à ce moment-là, en raison de la présence des pics enneigés. «Ce qui est drôle, c’est qu’il y a de la neige sur cette image alors que nous sommes au mois d’octobre», a-t-il lu sur le fil Twitter du blogueur saoudien pro-gouvernemental Munther Al-Sheikh Mubarak.

La photo a été repostée à de multiples reprises sur Twitter par différentes personnes. Voici un exemple:

En réalité, cette image a été prise en mars 2016 par Jean-Luc Altherr, un employé de l’aéroport de Genève, avide photographe d’avions et contributeur du magazine Cockpit base à Zurich. 

Madeleine Von Holzen, porte-parole de l’aéroport de Genève, nous a confirmés que la photo avait bien été prise par Jean-Luc Altherr mais durant son temps libre. Elle a ajouté que «cette image avait été utilisée par les médias sans l’autorisation de M. Altherr», malgré le copyright mentionné sur son compte Flickr, où la photo était publiée.

Inquiétudes et boycott

Entre-temps, la Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a demandé la levée de l’immunité de toutes les personnes suspectées d’être impliquées dans la disparition de Jamal Khashoggi. 

Le Département fédéral des affaires étrangères s’est entretenu avec l’ambassadeur saoudien ad intérim à Berne. Il s’est déclaré préoccupé par la disparition du journaliste et a demandé des éclaircissements. Reuters a également annoncé que le directeur de Crédit Suisse, Tidjane Thiam, avait décidé de rejoindre les autres chefs d’entreprises qui boycotteront le sommet économique de Ryad à la fin du mois, en réaction à la disparition du journaliste.

Sur place, les autorités turques et une délégation saoudienne enquêtent sur la disparition de Jamal Khashoggi. Le consulat saoudien a été perquisitionné durant neuf heures et la police va prochainement fouiller la résidence du consul d’Arabie saoudite à Istanbul.

Des médias américains, dont CNN, affirment que l'Arabie saoudite envisage de reconnaître la mort accidentelle du journaliste lors d'un interrogatoire qui aurait mal tourné au consulat.

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