Kadhafi: pas d’excuses du gouvernement genevois
Le ministre genevois de la Justice a affirmé mercredi qu'il ne s'excusera pas pour l'arrestation d'Hannibal Kadhafi à Genève en juillet 2008. Pour lui, cela n'aurait pas «le moindre effet» sur la résolution de la crise entre la Suisse et la Libye.
Violemment pris à partie dans la presse, notamment par des proches des deux otages suisses retenus en Libye depuis l’arrestation du fils du colonel Khadafi à Genève, Laurent Moutinot est sorti de sa réserve mercredi. Dans sa prise de position, le ministre de la Justice genevois a expliqué qu’il n’était pas question de formuler des excuses ni de sanctionner des collaborateurs innocents pour une arrestation effectuée dans le cadre de la lutte contre les violences domestiques.
«L’une des raisons pour lesquelles la lutte contre les violences domestiques a, autrefois, trop souvent été négligée tient précisément dans le fait que les auteurs sont puissants et les victimes faibles; l’Etat se doit de rétablir l’équilibre pour éviter une justice à deux vitesse», a plaidé Laurent Moutinot.
Il estime qu’il n’a pas à présenter des excuses car elles ne sauraient avoir «le moindre effet» après celles du président de la Confédération qui n’ont pas permis de dénouer la crise. Le ministre refuse également de sanctionner les policiers qui ont rempli leurs devoirs: «l’idée de devoir punir des innocents, même au nom de la raison d’Etat, m’est insupportable».
Laurent Moutinot juge inadmissible la publication des photos d’identité judiciaire d’Hannibal Kadhafi par la presse. «Les investigations, dans le cadre de la procédure pénale ouverte de ce chef, sont menées avec énergie pour trouver l’auteur de la fuite et le punir comme il le mérite», a-t-il souligné.
Le patron de la justice et de la police genvoises se taisait depuis plusieurs semaines en accord avec le choix des autorités fédérales et de la conférence des gouvernements cantonaux visant à «éviter que des déclarations maladroites ou mal interprétées n’enveniment la situation». Il affirme avoir «la plus grande compassion pour les otages et leur famille» et soutient la «ligne de fermeté» adoptée par le Conseil fédéral (gouvernement).
swissinfo.ch et les agences
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