La liberté d’expression reste précaire en Ouzbékistan
La photographe ouzbèke Oumida Akhmedova a été condamnée puis immédiatement amnistiée mercredi pour avoir «calomnié» son pays. La justice ouzbèke n’a pas apprécié deux de ses travaux financés par la Suisse.
La justice l’a reconnue coupable d’avoir calomnié par voie de presse l’Ouzbékistan en diffusant des clichés et un documentaire décrivant notamment la misère dans le pays, un délit passible de deux ans de prison. Le juge a cependant décidé d’appliquer l’amnistie, Oumida Akhmedova ayant trois enfants et un casier judiciaire vierge.
La photographe de 54 ans a été poursuivie après qu’un groupe d’experts désigné par les autorités a conclu que ses photos n’étaient «pas conformes aux normes esthétiques» et portaient atteinte aux «valeurs spirituelles» ouzbèkes.
Les travaux en cause consistent en un album de plus de 100 photos consacrées aux habitants de l’Ouzbékistan, Les femmes et les hommes: de l’aube au coucher, et un film documentaire sur les droits des femmes.
Ces travaux ont notamment été financés grâce à l’aide financière reçue de l’ambassade de Suisse à Tachkent.
«Nous avons pris acte de la condamnation et nous sommes très satisfaits que Madame Akmedova reste en liberté, a commenté auprès de swissinfo.ch le porte-parole du ministère suisse des Affaires étrangères Erik Reumann. Nous avons eu des contacts avec le ministère ouzbèk des Affaires étrangères et nous suivons l’affaire de très près.»
swisisnfo.ch et les agences
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