Navigation

Skiplink navigation

Les élections européennes concernent près d’un quart des habitants de la Suisse

Le parlement européen, avec siège à Strasbourg, est la seule institution de l’Union à être élue directement par les citoyens. Keystone / Martin Ruetschi

A fin mai, les citoyennes et citoyens européens élisent un nouveau Parlement. La Suisse n’est pas impliquée. Mais 1,7 million de ses résidents sont en mesure de participer au scrutin – dont l’issue aura aussi une influence sur le pays.

Ce contenu a été publié le 12 avril 2019 - 15:35
swissinfo.ch

Plus de deux millions de personnes vivent en Suisse avec un passeport européen. Ce sont quelque 1,4 million de citoyens de l’UE et 600'000 double nationaux Suisses-Européens. On estime que 1,7 million d’entre eux sont en âge de voter.

La Suisse a donc potentiellement plus d’électeurs européens que certains pays de l’UE. Ceux-ci sont directement concernés par les élections au Parlement de Strasbourg. Et c’est également le cas de 350'000 Suisses de l’étranger, qui possèdent aussi un passeport européen.

Mais ce ne sont pas que ses liens sociaux et humains avec les pays de l’Union qui font que la Suisse est intéressée aux élections européennes. La plupart des accords internationaux que l’Union passe avec des pays tiers, comme la Suisse, sont soumis à l’approbation du Parlement européen.


Aime-t-il (encore) la Suisse, ou pas? Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, lors d’une visite à Berne en novembre 2017, avec Doris Leuthard, alors présidente de la Confédération. © Keystone / Peter Klaunzer


Les élections européennes influencent également l’orientation politique de la Commission de Bruxelles. En ce qui concerne la Suisse, cela pourrait par exemple signifier que Berne aura affaire à un président de la Commission pour qui de bonnes relations avec la Suisse ne seront pas un objectif prioritaire. 

Tous les cinq ans, les citoyens de l’UE sont appelés à élire les représentants de leur pays au Parlement européen. Cette année, l’élection a lieu entre le 23 et le 26 mai.

Vous vivez en Suisse et vous êtes titulaire d’un passeport européen? Ou alors vous êtes un Suisse de l’étranger avec une double nationalité? Vous trouverez ici des informations utiles sur les élections européennes 2019. 

End of insertion

«Les élections européennes ont une grande influence sur la nomination des dirigeants de l’Union», explique l’ancien vice-président de la Commission Günter Verheugen. Quelles personnalités vont émerger de ces élections comme titulaires des principaux postes? L’issue est décisive pour l’avenir de l’UE et de l’Europe, a déclaré le politicien allemand, fin connaisseur de la machine de l’Union, lors d’une conférence publique sur les élections européennes à Berne. Il ne se risque toutefois à aucun pronostic: «Je pense que tout est possible quant à l’accès aux position dirigeantes, y compris de grosses surprises».

Günter Verheugen s’attend à des changements de majorité au Parlement européen. Pour lui, il y aura même «un groupe important et influent à l’extrême droite». Il ne croit toutefois pas que ce bloc apparaîtra toujours comme une force politique unie «car les différences entre ces formations sont trop grandes».

En politicien aguerri, il n’est pas fan du slogan «élections du destin». Il l’a entendu des centaines de fois depuis 1961. Mais s’agissant de ces élections européennes, «ce pourrait être vrai cette fois». Günter Verheugen parle d’un «choix d’orientation», qui va fournir des indications «sur les forces des courants sceptiques et hostiles à l’Union dans nos sociétés».


Günter Verheugen était récemment à Berne pour la conférence «L’Europe a le choix», organisée dans le cadre d’une série à l’enseigne de «Suisse ouverte», organisée par l’Association suisse de politique étrangère (ASPE) et le think tank Avenir Suisse. Susanne Goldschmid Photography


Selon le politicien, l’UE est en crise permanente depuis 2005. C’est à cette époque que le projet de renforcement de l’Union a échoué, avec le refus en référendum de la Constitution européenne par la France et les Pays-Bas.

Günter Verheugen n’y a pas vu un non au contenu du traité. Pour lui, les gens ont plutôt eu l’impression que l’équilibre entre les ambitions de pouvoir de Bruxelles et la volonté d’autonomie au niveau national et régional n’était plus garanti. «Et ceci s’est intensifié depuis».

L’ancien vice-président de la Commission l’admet: l’UE «a quatre déficits structurels assez massifs, en termes de leadership, de cohésion, d'orientation stratégique et de légitimité».

Mais l’Union ne pourra pas se permettre de continuer «à vider l’intégration européenne de ce qui fait son essence même» pendant des années, avertit Günter Verheugen. Qu’il s’agisse du déplacement des centres de pouvoir politiques et économiques qui se dessine au niveau global, des défis environnementaux et climatiques ou des inégalités sociales croissantes, l’Europe doit trouver des réponses communes. 

Accord-cadre: «n’énervez personne»

Quand on lui a demandé s’il voyait encore une marge de manœuvre pour la Suisse dans la perspective de l’accord-cadre avec Bruxelles, Günter Verheugen a répondu qu’il avait «une profonde sympathie pour la Suisse». Mais selon lui, le pays serait «bien mal avisé de faire trop de bruit autour de ce dossier. Il ne faut énerver personne. Ce qui est important pour la Suisse ne l’est pas pour les autres. L’UE a montré plus de bonne volonté envers vous que je ne l’aurais cru possible. […] Nous sommes arrivés à saturation».

End of insertion

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

Partager cet article