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Réchauffement: il faut agir d'urgence

A Bangkok, la pollution oblige les gardes de sécurité à porter un masque.

(Keystone)

Pour éviter les pires conséquences du réchauffement climatique, le niveau d'émission des gaz à effet de serre doit être stabilisé au plus tard d'ici 2015, puis réduit de manière drastique.

C'est ce qui ressort de la troisième partie du rapport du Giec, le groupe d'experts des Nations-Unies, rendu public vendredi à Bangkok et bien accueilli en Suisse.

A l'aube du cinquième jour d'une session-marathon, les quelque 400 délégués mandatés par les gouvernements de 120 pays au sein du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) ont adopté le texte de leur 'résumé à l'intention des décideurs'.

Ce document d'une vingtaine de pages constitue la synthèse consensuelle du troisième volet de leur rapport, qui porte sur les 'mesures d'atténuation'.

Le message est clair: les émissions de gaz à effet de serre doivent atteindre leur pic d'ici 2015 et décroître ensuite. C'est uniquement à cette condition que l'on parviendra à contenir la hausse de la température mondiale moyenne entre + 2 et + 2,4°C.

Inquiétude

«Plus on voudra atteindre un niveau de stabilisation bas, plus vite ce pic devra être atteint et le déclin des émissions s'amorcer», précise le texte du Giec. Sinon, comme le prévoyait le premier volet du rapport, la hausse des températures pourrait atteindre, dans le pire des cas, jusqu'à + 6,4°C d'ici 2100.

Dans leur conférence de presse de vendredi, les responsables du Giec n'ont pas caché leur inquiétude. «Si nous continuons à faire ce que nous faisons maintenant, nous aurons de sérieux problèmes», a averti Ogunlade Davidson, vice-président de la session, qui avait débuté lundi Bangkok.

Un prix abordable

Au cours de ces quatre jours de négociations, la question du coût des mesures à prendre pour lutter contre l'effet de serre a suscité des frictions entre les pays représentés. «Certains pays y voient une menace sous-jacente, d'autres y voient au contraire une opportunité», explique un participant.

Selon plusieurs scénarios présentés dans le résumé, il en coûterait entre 0,2% et 3% du Produit intérieur brut mondial à l'horizon 2030 pour stabiliser les émissions de gaz à effet de serre.

Pour Marc Gillet, chef de la délégation française, «les coûts de réduction sont tout à fait abordables, mais il faudra faire preuve de créativité pour franchir les obstacles à la mise en oeuvre de ces mesures».

La Chine freine

Mais même s'il est abordable pour les pays les plus riches, ce coût reste élevé pour d'autres. Ainsi, la Chine, qui devrait devenir le plus gros pollueur de la planète d'ici 2012, a notamment cherché à limiter la portée des recommandations.

Autres points de friction: le rappel par les pays en développement de la responsabilité historique des nations industrialisées dans les émissions mondiales de CO2 et le nucléaire, qui a fait l'objet de longues discussions.

«Il y a des pays qui y sont farouchement opposés et cela ne leur plaît pas trop qu'on dise que le nucléaire est une des options pour lutter contre le changement climatique», note Renaud Crassous, membre de la délégation française. Qui admet que «pour arriver à un consensus, il faut parfois trouver des formulations plus vagues».

Economies et coopération

En Suisse, Moritz Leuenberger, ministre en charge de l'environnement, des transports et de l'énergie a réagi au rapport de Bangkok par voie de communiqué. «Grâce à ce rapport, nous connaissons le potentiel, le coût et les moyens des mesures de réduction. Il nous encourage à lutter davantage encore contre le réchauffement climatique», écrit notamment le ministre.

Diffusé vendredi matin, le texte souligne que «l'attribution d'un prix aux émissions de CO2 et l'introduction d'autres instruments économiques comme le marché mondial du carbone sont les instruments les plus efficaces pour inciter les Etats à réduire leurs émissions dans tous les secteurs».

Le ministre met en évidence les énergies renouvelables, qui «pourraient fournir jusqu'à 35% de l'électricité mondiale en 2030», ainsi que le secteur du bâtiment (gros émetteur de CO2), où «des normes plus sévères, une meilleure isolation, ainsi que des chauffages et des climatiseurs moins gourmands pourraient conduire à des diminutions de 30% d'ici 2020».

Le communiqué relève encore que «le potentiel de réduction des émissions est aussi important dans les pays en développement, où l'efficacité énergétique est 30% plus basse que dans les pays industrialisés».

Pour Moritz Leuenberger donc, «la politique climatique internationale doit encore plus être basée sur la diffusion des technologies et la coopération internationale».

«Dès lundi»

Du côté des défenseurs de l'environnement, le Fonds mondial pour la nature (WWF) demande, également par voie de communiqué, que le monde se mette «Au travail dès lundi».

«Pour nous, c'est un moment historique», clame Stephan Singer, responsable du programme Climat et Energie de l'organisation. Selon lui, le rapport «montre pour la première fois qu'il est possible de lutter avec ambition contre la pollution du climat sans que ça coute une fortune et que cela nuise à l'économie».

Pour Greenpeace, le rapport du Giec appelle maintenant «une réponse politique sérieuse» de la part des dirigeants du monde. «Avec ce rapport, nous avons maintenant une série d'options très très claires face au changement climatique», indique Stephanie Tunmore, responsable des campagnes Climat-Energie de Greenpeace International.

swissinfo et les agences

En bref

Les travaux de la réunion de Bangkok viennent compléter les deux premiers chapitres du 4e rapport du Giec, soit celui publié le 2 février à Paris sur l'ampleur du changement climatique, et celui du 6 avril à Bruxelles, sur les conséquences inquiétantes de ce phénomène.

Le Giec a déjà publié trois rapports, en 1990, 1995 et 2001, confirmant le rôle de l'homme dans le réchauffement climatique constaté au XXe siècle.

Pour la première fois de son histoire, le Conseil de sécurité des Nations Unies a débattu le mois dernier du réchauffement climatique. Le sujet sera également au centre du prochain sommet du G8, le club des huit pays les plus industrialisés du monde, en juin en Allemagne.

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