Berne fête l’eau sur fond de guerre
Coup d'envoi de l'Année internationale de l'eau en Suisse vendredi à Berne. Le ministre de l'environnement Moritz Leuenberger n'a pas pu éviter la référence à la guerre en Irak.
Car l’eau est un bien précieux. Surtout lorsqu’on en manque.
Entre deux manifestations contre la guerre en Irak, la Place fédérale de Berne s’est ornée vendredi de deux bulles de plastique géantes et d’oriflammes aux couleurs vives.
Un dispositif mis en place pour marquer le lancement du volet suisse de l’Année internationale de l’eau des Nations Unies.
Dans son discours d’inauguration, le ministre de l’environnement a bien sûr évoqué le sujet majeur de préoccupation du moment: la guerre en Irak.
«Depuis les bombardements de la première Guerre du Golfe, seul un Irakien sur deux a accès à l’eau potable propre, et ceci seulement pendant quelques heures par jour», a rappelé Moritz Leuenberger.
Et d’ajouter que nous sommes tous concernés, «car l’absence d’eau peut transformer des centaines de milliers de personnes en réfugiés».
Dans le monde…
«Valser appartient à Coca-Cola, Perrier à Nestlé, Evian au G8, et le G8 à Samuel Schmid (ministre suisse de la défense) qui doit le protéger», a poursuivi, en plaisantant Moritz Leuenberger.
Une manière de souligner le fait que la question de l’eau ne peut être résolue qu’au niveau international. Hors de l’ONU, il n’y a pas de lutte efficace contre ces problèmes, comme l’a rappelé le ministre de l’environnement.
Et c’est précisément pour participer à cette lutte que la Suisse a envoyé une délégation au Forum mondial de l’eau, qui se termine ce week-end à Kyoto, au Japon.
Sans oublier les efforts de l’aide publique au développement et des multiples ONG basées en Suisse, qui consentiront cette année des efforts particuliers dans le domaine de l’eau.
…et en Suisse
Sur le plan intérieur, l’accent sera mis sur la sensibilisation du public, autour de trois slogans: «L’eau n’a pas de prix», «L’eau n’a pas de lois» et «L’eau n’a pas de frontières».
En clair, il s’agit de rappeler qu’il n’est pas d’eau propre sans protection des écosystèmes, que l’eau peut être un fléau lorsque les rivières débordent et que la Suisse, «château d’eau de l’Europe», a de sérieuses responsabilités envers les pays où s’écoulent ses fleuves.
A titre de moyens didactiques, deux expositions itinérantes vont faire le tour du pays. Et c’est elles que le public a pu découvrir en primeur vendredi, sous les grandes bulles de la Place fédérale.
L’une traite des eaux souterraines et l’autre de «l’aventure de l’eau». La Poste participe également à l’effort, puisqu’elle a émis un timbre spécial à cette occasion.
Entre deux manifs
Malgré les préoccupations du moment, les organisateurs se sont félicités vendredi du succès et de l’affluence à cette première journée. Succès qui doit certainement aussi quelque chose au concert de Patent Ochsner, porte-parole d’un «Mundartrock» plutôt engagé.
Et sitôt les amplis éteints, la Place a rapidement retrouvé son aspect habituel, en prévision de la manifestation de samedi contre la guerre en Irak.
swissinfo, Marc-André Miserez
Deux expositions itinérantes et une quarantaine de projets partenaires animeront cette Année de l’eau en Suisse.
Le but: sensibiliser la population à la protection des eaux, aux dangers qu’elles peuvent représenter et aux dimensions internationales du problème.
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.