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Les champignons «magiques» mis hors-la-loi

Figure également sur la liste des substances prohibées le peyotl, le cactus dont on extrait la mescaline. seedsdirect

Désormais, la loi suisse classe les champignons hallucinogènes au rang des drogues dangereuses. Et décrète leur mise à l'index.

Son aspect anodin de petit champignon des prairies ne devrait tromper personne: le psilocybe contient des alcaloïdes puissants dont les effets hallucinogènes n’ont rien à envier à ceux du LSD.

L’année dernière, la Commission internationale des stupéfiants a recommandé à ceux de ses Etats membres qui ne l’avaient pas encore fait de l’inscrire sur la liste des stupéfiants.

Depuis le 1er janvier, c’est chose faite en Suisse, où jusqu’ici, seule l’Ordonnance sur les denrées alimentaires permettait de condamner ceux qui s’adonnent au commerce de ces champignons. Conséquence: les peines encourues en cas d’infraction seront nettement plus lourdes.

Des soirées qui tournent mal

En plus du psilocybe, les autorités ont également ajouté à la liste des substances prohibées le peyotl (le cactus dont on extrait la mescaline) et le GHB, une drogue de synthèse, forme liquide de l’ecstasy.

«Ces substances sont réellement dangereuses, rappelle Laurent Médioni, porte-parole de Swissmedic, l’organisme chargé du contrôle des médicaments et des drogues. On les consomme surtout dans les soirées techno et cela peut se terminer très mal».

Et de citer des cas de jeunes gens qui perdent connaissance ou que l’on doit hospitaliser d’urgence, en proie à des hallucinations ou à des difficultés respiratoires.

De plus, ces drogues se marient très mal avec l’alcool et ont tendance à annihiler toute volonté chez le sujet qui en absorbe. On a ainsi vu certains fêtards particulièrement peu scrupuleux en administrer à des jeunes filles à leur insu pour ensuite abuser d’elles.

«Nous n’avons pas d’indications précises quant à l’ampleur du phénomène, admet, Laurent Médioni, mais les cas rapportés sont suffisamment graves pour justifier largement l’interdiction».

Les champignonneurs pas visés

Une interdiction qui, selon le porte-parole de Swissmedic, vise surtout le commerce de ces substances. La cible n’est donc pas tant le champignonneur en quête d’extase psychédélique, mais bien plutôt le trafiquant. Les saisies en douane de colis bourrés de psilocybes – principalement en provenance des Pays-Bas – prouvent qu’il existe un marché organisé.

Il y a quelques semaines encore, on pouvait d’ailleurs commander tranquillement des champignons hallucinogènes sur Internet. Mais depuis l’interdiction, Laurent Médioni a pu remarquer que les sites spécialisés se font plus discrets sur ce chapitre.

Marc-André Miserez

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